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Diapo 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapos 2 à 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapo 5

 

 

 

 

Diapo 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapo 7

Diapo 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapos 9 et 10

 

 

 

Diapos 11 et 12

Diapos 13 et 14

Diapos 15 à 17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapo 19

 

 

 

 

 

 

 

Diapo 18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rôle historique de l'Empire "autrichien" - Voir la cartographie animée

 

 

 

 

Diapo 20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recul de l'Empire ottoman  -  Voir la cartographie animée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapo 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Diapo 23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Destins d'empires.

 

Des Mongols à Google : finissent-ils tous par disparaître ?

 

Jeudi 13 octobre 2016

 

Introduction au débat par Emmanuel Garcia

 

 

 

     L’empire est une constante de l’histoire. Depuis la plus haute antiquité, pas un seul siècle qui n’ait vu s’affirmer ou disparaitre l’une de ces grandioses constructions. Pourtant le XX° siècle semblait marqué par le triomphe de l’état – nation, réputé plus raisonnable et démocratique, et supplantant avantageusement les vieux empires dominateurs.

 

     Le XXI° siècle naissant fait douter de cette certitude. L’état-nation rencontre face à la globalisation d’évidentes limites. L’empire américain est toujours là. Le russe refuse de disparaitre. Le chinois pense pouvoir s’épanouir enfin. Le persan rêve de renaitre. Par ailleurs les entreprises multinationales portées par la mondialisation prennent des formes « impériales ». Google ou Microsoft ont, sur la marche du monde et la vie de chacun, un pouvoir supérieur à celui de bien des états.

 

     Certains se prennent alors à rêver de l’empire, qui assurait (parfois) la paix et l’ordre, et organisait en son sein la coexistence de différences rendues inévitables par l’immensité. L’actualité éditoriale est édifiante : on n’a jamais autant publié sur les empires.

       Diapo 1

     Il y a là parfois une naïveté qui oublie la violence des empires. Mais c’est aussi une réflexion légitime sur les formes politiques qui conviennent à notre temps.

 

     Ne cherchons pas de lois générales sur la montée et le déclin des empires : elles n’existent pas, tant chacun est un cas unique. Chacun a pourtant quelque chose à nous apprendre.

 

 

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1 - L’Empire mongol (XIII° - XIV° s) :

le colosse aux pieds d’argile.

 

 

Brève présentation

     

     Point de départ : vers 1200, l’unification des clans mongols (et d’autres clans, turcs en particulier) par Temudjin (Gengis Khan).

     Avec cette force sans précédent, Gengis Khan se lance à l’assaut des civilisations sédentaires qui entourent le domaine des Mongols nomades. Il conquiert très rapidement (de 1211 à 1227) un domaine qui va du nord de la Chine à la mer Caspienne.

     La conquête se poursuit avec son fils Ögödei (1229 – 1241). A la fin du XIII° siècle l’empire s’étend de la Chine du sud à l’Europe centrale. Avec plus de 30 millions de km² c’est le plus grand empire jamais vu dans l’histoire. 

      Diapos 2 à 4

 

    La conquête, pour quoi faire ? Face aux civilisations sédentaires, les Mongols pratiquent deux politiques contradictoires : le massacre systématique (1258 : prise de Bagdad – selon les chroniques arabes, il faut plusieurs semaines pour égorger la totalité de la population) ou l’établissement d’une « paix mongole », en particulier autour de la route de la soie.

 

 

    Cet empire vaste et redoutable se révèle pourtant fragile :

 

     -Des coups d’arrêt sont donnés dès la 2° moitié du XIII° siècle :

1260 : défaite face aux Mamelouks d’Egypte.

1274 et 1281 : échecs des expéditions navales contre le Japon.

1283 – 1287 : échec des expéditions contre l’Annam et le Champa.

1293 : semi échec à Java.

Diapo 5

 

     -L’empire est rapidement divisé en 4 parties, en théorie réunies sous l’autorité du Grand Khan, en fait de plus en plus indépendantes et même rivales :

*A l’est la Chine (englobant la Mongolie), où s'installe la dynastie Yuan, mongole, mais profondément sinisée.

*Au centre le Khanat de Djaghataï (Asie centrale entre l’Afghanistan actuel et la mer d’Aral)

 *Au nord le domaine de la Horde d’or (sud de l’actuelle Russie)

*Au sud –ouest le domaine des Ilkhans (Perse, Mésopotamie et Asie mineure).

Diapo 6

 

     -L’empire a une brève durée de vie : dans le courant du XIV° siècle ses quatre parties se disloquent. Dès 1368 la dynastie Yuan est chassée de Chine, et remplacée par la dynastie purement chinoise des Mings. A la fin du XIV° siècle Tamerlan reconstitue un vaste empire de la Mésopotamie au nord de l’Inde. Mais Tamerlan est plus Turc que Mongol, et son empire ne lui survit pas.  Vers 1500 il ne reste pratiquement rien de la puissance mongole.

 

     -Donc environ deux siècles de domination mongole sur la plus grande partie de l’Eurasie. Deux siècles, ça n’est déjà pas si mal …. mais il faut noter une autre signe de fragilité : l’absence presque totale d’héritage. Nulle part les Mongols ne laissent de ville ou de monument. Nul peuple n’a adopté leur langue ou leur culture.

 

 

Deux leçons 

 

      1)Il n’y a pas d’empire sans cause.

      La conquête mongole apparait sur la carte comme une véritable explosion. Quelle était la matière explosive accumulée ? Essentiellement un contraste de développement entre les brillantes civilisations qui se développent sur le pourtour de l'Eurasie, et le foyer nomade au centre de l'Eurasie aride.

        Diapo 7

       Ce centre nomade a toujours fonctionné comme un foyer perturbateur. C'est au III° siècle avant JC que la Chine commence la construction de la Grande Muraille contre les incursions mongoles. Les Mongols disposent d'un instrument militaire redoutable : la cavalerie et l'arc mongol. Ils disposent d'une supériorité militaire absolue lorsqu'un chef de génie,  Temudjin (Gengis Khan) réussit au début du XIII° siècle à unifier les différents clans mongols jusque là hostiles entre eux.

 

        2)La force ou l'utilité économique ne peuvent, à elles seules, assurer la pérennité d’un empire.

        La force, les Mongols l'ont. Ils ont également trouvé une utilité économique : une fois la conquête terminée, assurer pour la première fois la paix sur l'ensemble de l'Eurasie, le long de la "route de la soie".

        Diapo 8

 

      Il a manqué aux Mongols la force d'attraction d'un modèle culturel. Ils ont été absorbés par leur conquête, en particulier en Chine, où la dynastie mongole des Yuan s'est profondément sinisée.

 

 

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2-Le Saint Empire romain germanique

et l’Empire ottoman :

deux constructions aussi baroques que durables.

 

 

 

Les deux empires sont voisins, contemporains et ennemis  : Diapos 9 et 10.

Dans les deux cas on est frappé par le contraste entre : 

- d'un côté la durée, l'immensité, la richesse de l'héritage;

- de l'autre, l'impression d'impuissance et de long déclin.

 

Brève présentation

 

Le Saint Empire

    

Une exceptionnelle durée  

    Il faut souligner cette durée : plus de mille ans.  La véritable origine, c'est le couronnement de Charlemagne par le pape en 800. Cet évènement est lui même vécu comme une restauration de l'empire romain d'Occident, disloqué au V° siècle : l'Occident n'a jamais abandonné le rêve d'unité de la chrétienté. L'empire ne survit pas à Charlemagne, mais symboliquement, le titre impérial est conservé jusqu'en 924.

     Diapo 11 et 12

 

        Le flambeau impérial est repris en 962 par la dynastie saxonne des Ottoniens. Otton I° prend le titre d'Empereur des Romains. L'empire, immense,  est centré sur l'Allemagne, bien davantage que celui de Charlemagne. Au XV° siècle on prend l'habitude de le nommer "Saint Empire romain germanique".

     Diapo 13 et 14

 

     L'Empire disparait officiellement en 1806, détruit par Napoléon. Mais l'héritage est repris par l'Empire d'Autriche (1806 - 1867), puis d'Autriche - Hongrie (1867 - 1918). Il disparait définitivement dans la débâcle de 1918.   

    

 

       Impuissance et long déclin ?

      Immense, l'empire n'a rien d'un état centralisé. C'est un assemblage de centaines d'entités pratiquement indépendantes, et dont certaines sont  minuscules.

      La puissance de l'empereur tient essentiellement à ses possessions personnelles, les seules sur lesquelles il exerce un pouvoir complet ... et qui ne sont pas toutes dans l'Empire.

      Diapos 15 à 17

 

     Les institutions du Saint Empire sont baroques, et évoquent irrésistiblement par leur complexité celles de l'Union européenne :

     - Un empereur élu par 7 princes électeurs.

    - Une assemblée, la Diète d'Empire siégeant la plupart du temps à Augsbourg ou à Ratisbonne, avec des procédures de décision très complexes.

     - Un conseil d'empire assistant l'Empereur

     - Des "cercles impériaux" s'efforçant de donner une structure rationnelle à l'administration.

      - Des compétences limitées, en particulier en matière fiscale et militaire.

 

 

- Le déclin peut être représenté sur la carte, et il semble continu :

- L'empire ne cesses de se réduire

Diapo 18

- Il subit aux XVIII° - XIX° siècles une série de défaites :

- Face à la France révolutionnaire

- Face à Napoléon (Ulm et Austerlitz - 1805;  Wagram - 1809) --> En 1806, Napoléon ayant installé sa domination sur l'Allemagne rhénane,  il faut abandonner la fiction de l'empereur  "germanique" pour adopter le titre d' "empereur d'Autriche".

- Face à Napoléon III et au Piémont (Solferino - 1859) --> perte du Piémont.

- Face à la Prusse (Sadowa - 1866) --> perte de Venise, et surtout, exclusion de l'Allemagne, unifiée autour de la Prusse.

- Il disparait enfin dans la défaite en 1918.

 

 

L'Empire ottoman

 

Naissance et durée

        Le mode de formation est original : ni explosion comme la conquête mongole; ni résurgence d'un vieux rêve d'unité comme le Saint Empire. L'Empire ottoman est le résultat de la longue migration d'un peuple, s'assimilant dans les régions où il s'installe, jusqu'à les dominer.

        Les Turcs sont originaires du foyer perturbateur nomade d'Asie centrale. Ils sont présents au Moyen-Orient à partir du X° siècle. La dynastie ottomane apparait au XIII° siècle avec son fondateur, Osman. Les Ottomans s'installent dans les Balkans dès le XIV° siècle (victoire sur les Serbes à la bataille de Kosovo le 28 juin 1389).  Ils sont à la tête d'un véritable empire avec la prise de Constantinople le 29 mai 1453.

         A partir de cette date la conquête est fulgurante : l'Empire domine tout l'est et le sud du bassin méditerranéen (à l'exception du Maroc) à la fin du XVI° siècle. Il va durer jusqu'en 1918.

         Voir 19  

 

 

Une construction politique originale

       II s'agit bien d'un "empire ottoman" (celui de la dynastie d'Osman), et pas d'un "empire turc". Il n'a jamais été question de "turquifier" un espace aussi vaste, ni par la langue, ni par la religion. Les nations et les langues les plus diverses coexistent. La principale division administrative de l'empire n'est pas territoriale, mais religieuse : ce sont les "millets", ou "nations religieuses". On en compte quatre à l'origine :

- musulman sunnite

- grec (c'est à dire chrétien orthodoxe)

- arménien

- juif.

Il s'en rajoutera d'autres au fil des siècles.

Voir 20   

Les nations non musulmanes sont placées dans un statut inférieur, celui de "dhimmi", qui s'accompagne d'un impôt spécial. Mais elles sont protégées, libres de pratiquer leur religion, et elles s'administrent elles mêmes. 

 

 

Le long déclin de "l'homme malade"

  

     Mais à partir du XVII° siècle l'empire ne cesse de reculer face à la poussée européenne, puis à la montée des nationalismes dans les Balkans. Au XIX° siècle on l'appelle dans les chancelleries "l'homme malade de l'Orient". En 1914 il est réduit au Moyen-Orient, qu'il contrôle encore entièrement. 

        Il s'effondre en 1918 dans la défaite face aux Alliés pour laisser la place au Moyen-Orient moderne ... et à ses convulsions.

          Voir cartographie animée : le recul ottoman

 

 

 

  "A quoi sers - tu ?"  

 

       Saint Empire et Empire ottoman apparaissent à la fois bien étranges  et fragiles. Si fragiles qu'on s'étonne peu de leur disparition. Pourtant s'ils ont duré des siècles, sur un si vaste territoire, et sous une seule dynastie, il a bien fallu qu'ils "servent" à quelque chose.

    A quoi ? La question "à quoi ça sert ?" est toujours, en histoire ou en politique, une question pertinente.

 

Le Saint Empire

       Il a poursuivi successivement trois projets historiques. Qu'il n'ait complètement réalisé aucun des trois ne l'a pas empêché de durer plus de mille ans.

 

        Voir cartographie animée sur le rôle historique du Saint Empire

 

      1) Un projet impérial - Retrouver l'unité de la chrétienté occidentale, perdue depuis la dislocation de l'Empire romain d'Occident au V° siècle. Sous Charles Quint (empereur de 1519 à 1558) ce projet a semblé proche de la réalisation. Mais il n' pas abouti, face à la vigoureuse opposition du roi de France, et à la volonté d'indépendance des princes allemands. 

 

      2) Un projet allemand - Faire de l'empire un véritable état centralisé, capable d'unifier l'ensemble de la nation allemande. Ce projet échoue dans la Guerre de Trente Ans (1618 - 1648), là encore devant l'hostilité de la France. Il sera finalement réalisé au XIX° siècle, mais pas par l'empereur : par la Prusse, et au détriment de la France ...

 

      3) Un projet danubien - Depuis sa lutte victorieuse contre l'Empire ottoman au XVII° siècle, Vienne s'est tournée vers l'Europe balkanique et danubienne. Se dessine alors un autre projet : après l'effacement de l'ordre ottoman, fédérer les peuples danubiens, tous trop faibles pour résister individuellement à la pression de la Russie ou de l'Allemagne.

        Voir 21  

 

Le suicide européen de 1914 (issu d'ailleurs des problèmes balkaniques) n'a laissé aucune chance à ce projet.

       En 1919 les vainqueurs ont décidé de restructurer la région autour d'états - nations ... qui ont tous fait la preuve catastrophique de leur faiblesse, face à l'Allemagne nazie, puis face à l'Union soviétique.

       Au lendemain de 1989, quelques voix ont plaidé pour la renaissance d'une fédération danubienne. Elles ont été négligées au profit d'un élargissement hâtif de l'Union européenne,  qui cache mal la renaissance d'une prépondérance allemande en Europe centrale.   

 

 

L'Empire ottoman

 

     L'Empire ottoman a rempli trois fonctions historiques :

    

      Voir la cartographie animée sur le rôle historique de l'empire ottoman

 

       1)Incarner l'islam et lui donner une nouvelle période de grandeur

       Très tôt les peuples turcs ont adopté l'islam sunnite. Avec le déclin du monde arabe, ils en deviennent le porte-drapeau, face à l'Occident chrétien, mais aussi face à l'islam chiite devenu au XV° siècle la religion officielle de la Perse.

A cet islam sunnite, l'Empire ottoman offre de nouveaux siècles de grandeur, à travers une puissance redoutable et une brillante civilisation.

 

       2)Donner un ordre géopolitique stable à la région intermédiaire entre l'Europe et l'Asie

       Il est inexact de dire que les Ottomans ont détruit l'Empire romain d'Orient. Il n'existait plus en 1453, réduit à la seule ville de Constantinople. Les Ottomans l'ont plutôt fait renaitre, et lui ont redonné la maitrise de son territoire historique : la Méditerranée orientale. Cette vaste zone a ainsi trouvé un ordre géopolitique à peu près stable ... jusqu'à l'effondrement de l'Empire à l'issue de la première Guerre mondiale.

 

       3)Permettre à des populations très diverses et mêlées de coexister

L'Empire ottoman n'était certes pas un paradis multiculturel (ce genre d'Eden n'a jamais existé). Mais à travers le système des "millets", dans l'acceptation de la suprématie de l'islam, les communautés coexistaient de façon pacifique.  C'est justement dans l'effondrement de l'Empire que s'est produit en 1915 l'un des pires drames "communautaires" de la région : le génocide des Arméniens.  

   

       Une remarque pour terminer - A travers les convulsions actuelles du Moyen-Orient, ne cherche-ton pas encore une solution à ces trois questions : - Qui incarne l'islam ? - Quel ordre géopolitique stable pour la région ? - Comment faire coexister les communautés ?

 

    Voir la cartographie sur l'effondrement actuel du Moyen-Orient 

 

 

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La Chine : l’Empire du Milieu

… mais du milieu de quoi ?

 

Trois mots définissent l'originalité de la Chine : Continuité - Unité - Centralité

Voir 22    

 

       

    Parmi les civilisations actuelles, la Chine est celle qui a les racines historiques les plus anciennes. Unifiée pour la première fois au III° siècle avant JC par Qin Shi Huangdi (le "premier empereur"), elle constitue alors un empire dont la Chine moderne est l'incontestable héritière, malgré les convulsions de l'Histoire. Cet empire s'inscrit donc dans une exceptionnelle continuité historique.

 

        A tout point de vue (linguistique, culturel, politique ...) la Chine se trouve sur une autre planète que la nôtre. On peut parler pour elle d' "empereur" et d' "empire", mais ces mots, d'origine romaine, n'ont pas du tout le même sens pour des Chinois. La Chine a bien constitué depuis très longtemps un vaste état à prétention hégémonique, un "empire" si l'on veut. En quoi est-ce différent d'un empire occidental ?

 

 

       La Chine, un impérialisme "centripète"

Voir la page sur "la Chine et le monde", en particulier la page 3 ("La Chine impériale et le monde") et la page 4 ("La Chine et le monde aujourd'hui")

          La Chine a grandi dans un isolement que lui a imposé la géographie. Pendant de siècles elle n'a rien connu des civilisations existant sur l'autre versant de l'Eurasie. Construisant elle - même une grande civilisation, elle n'était entourée que de peuples plus modestes, qui adoptaient des pans plus ou moins importants de la civilisation chinoise : Corée, Japon, Vietnam. 

        S'est ainsi installée dans la Chine ancienne une vision géopolitique qui, à nos yeux, relève davantage de la cosmogonie :

        - Toute civilisation vient du Ciel. La Chine est "le seul Pays sous le Ciel", le "Pays du Milieu". Son chef est le "Fils du Ciel", investi du "Mandat du Ciel", responsable de la concordance entre l'ordre céleste et l'ordre terrestre.

       - Cette cosmogonie règle les rapports avec l'étranger :

                    - Les "barbares proches" peuvent recevoir de la Chine la lumière du Ciel.

                    - Les "barbares lointains" ne présentent aucun intérêt et doivent être écartés.

Voir 23

 

On peut donc perler d'un "impérialisme centripète", exactement à l'opposé de l'impérialisme "centrifuge" de l'Occident, avide d'étendre ses valeurs et ses intérêts à l'ensemble de la planète.

 

         La Chine a subi un choc terrible aux XIX° - XX° siècle : elle a découvert que sa vision du monde n'avait aucun rapport avec la réalité, et que le "centre" se trouvait ailleurs, dans cet Occident porteur de la modernité. Mais cela ne l'a pas conduit pour autant à adopter la vision impériale de l'Occident. 

 

 

             La Chine moderne et le monde

 

            Ayant recouvré son indépendance, puis sa puissance, portée par une vigoureuse croissance, la Chine  n'est pourtant pas candidate à la succession des Etats-Unis. Elle conserve sa propre conception de l'Empire, héritée de sa culture traditionnelle.

 

           1) La Chine a bien l'intention de redevenir le centre de son monde, c'est à dire de l'Asie orientale, et de ne pas admettre dans son voisinage de puissance pouvant défier ses  intérêts vitaux.

            2) Pour le reste du monde, la Chine entend y défendre partout ses intérêts, mais sans prétendre y propager ses propres valeurs, ni participer à quelque projet de gouvernance mondiale.

 

            Une leçon ?

           On peut douter que la mondialisation et la fin du communisme conduisent à un empire mondial obéissant aux seules lois du marché et de la démocratie. La mondialisation nous met au contraire en contact avec d'autres empires, fonctionnant sur d'autres règles, avec lesquelles il faudra bien composer.