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Janis Joplin chante "Me and Bobby Mac Gee"

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L'Amérique vue par elle - même

 

 

La conquête de l’Ouest

 

 

 

Cette année, nous proposons un cycle en trois temps sur l'Amérique

-En histoire : la conquête de l’Ouest, puis la crise de la conscience américaine dans les années 1960 – 1970 (M. Garcia).

Samedi 15 octobre 2016 à 15 h, auditorium de Coulanges

 

-En histoire du cinéma : le western (M. Wainer)

Samedi 19 novembre et 3 décembre 2016, auditorium de Coulanges

 

-Une séance de ciné-concert, le film de Buster Keaton Le Mécano de la Générale, accompagné par l'Ecole municipale de musique

Vendredi 9 décembre 2016 à 20 h 30, cinéma Jacques Prévert

 

Le thème commun est « l’Amérique vue par elle-même », l’image que ce pays a de lui même, et qu’il veut donner au monde. 

 

Cette question d’image, d'identité, est essentielle pour une nation.  Lorsque nous regardons vivre l'Amérique, nous sommes surpris par des comportements ou des mentalités aux antipodes des nôtres.

 

Quelques exemples :

- Le succès d'un homme tel que Donald Trump.

- L'attachement des Américains à la liberté de porter les armes.

- L'opposition d'une bonne partie de la société à toute intervention de l'Etat, même dans le domaine de la santé (voir les difficultés rencontrées pour faire adopter l' "Obamacare", qui voulait étendre l'assurance santé à tous les Américains).

Voir 1   

L'identité américaine ne tombe pas du ciel, elle est une construction historique. Dans cette construction, la "conquête de l'Ouest" a joué un rôle très important.

Le western est l'un des moyens par lequel les Américains ont célébré, interrogé, critiqué leur identité.

L'Amérique apparait comme sûre d'elle-même jusqu'au début des années 1960.

Puis elle connait une grave crise de conscience dans les années 1960 - 70.

 

 

 

 

 

 

I- L'Amérique sûre d'elle-même

 

1-Le "Nouveau Monde"

 

Au cœur de l'identité américaine il y a une évidence : la supériorité morale de leur pays.

Il a été construit par des émigrants qui ont quitté volontairement la vieille Europe pour construire outre Atlantique une société meilleure.

 

Cette idée est affirmée dès l'origine : le sermon de John Winthrop aux émigrants en 1630.

Voir 2    

 

Elle est réaffirmée à de multiples reprises :

- La Déclaration d'indépendance (1776)

 

- L'adoption de la Constitution des Etats-Unis (1776)

 

- Le discours de Gettysburg (1863)

 

- La statue de la Liberté (1886)

Voir 3     

 

 2) L'Ouest : la Terre promise

 

a) Un espace immense

Voir 4     

 

 

1776 : proclamation de l'indépendance des treize colonies, toutes sur la côte.

 

1783 : l'Angleterre reconnait l'indépendance, et cède tout le territoire jusqu'au Mississipi

 

1803 : achat de la Louisiane à la France (territoire que la France ne possédait que sur le papier, mais n'occupait pas réellement).

 

 

Saint Louis, sur le Mississipi, apparait très tôt comme la "porte de l'Ouest", dont l'emplacement est marqué aujourd'hui par un monument érigé de 1962 à 1965.

 

L'espace nord américain est immense, et pour en prendre la mesure on peut le comparer à l'Europe.

Voir 5    

 

b) Une terre "où coulent le lait et le miel"

 

Les Américains ont eu très tôt de la richesse et de la beauté de leur territoire. Ils l'ont très tôt célébré par la peinture et la photographie.

Les premiers Parcs nationaux, voués à la célébration et la protection de cette nature, sont créés dès le XIX° siècle. 

Voir 6    

 

c) Une terre promise aux Américains

 

Idée affirmée en 1845 dans une formule célèbre : la "Destinée manifeste". Voir 7   

 

 

A qui d'autre l'Ouest aurait-il pu appartenir ?

 

Aux Indiens ?

 

Leur occupation du territoire est trop peu dense pour qu'ils aient une chance de résister à la pression de la colonisation.

Voir 8   

 

Aux Français ?

 

La France, contrairement à l'Angleterre,  ne s'est jamais réellement investie dans sa présence en Amérique du nord.  Ceci conduit à la perte du Canada en 1763.

La France a conservé la Louisiane. Bonaparte la vend en 1803 aux Etats-Unis pour soixante millions de francs or. En réalité la France ne possédait que sur le papier cet immense territoire, elle ne l'occupait pas.

Voir 9     

 

 

Aux Espagnols ?

 

L'empire colonial espagnol a précédé celui de l'Angleterre. Mais au XVIII° siècle l'Espagne est déjà une puissance en déclin. Son empire est centrée sur le Mexique et l'Amérique du sud. Elle possède environ un tiers de l'actuel territoire des Etats-Unis, mais sans l'occuper vraiment. Ces territoires sont cédés au XIX° siècle :

- 1836 : Indépendance du Texas

- 1845 : Annexion du Texas par les Etats-Unis

- 1848 : A la suite d'une guerre avec les Etats-Unis, le Mexique cède tous les territoires entre la Californie et le Texas.

Voir 10     

 

 

c)Une dynamique migratoire

 

La conquête de l'Ouest est portée par le formidable accroissement de la population des Etats-Unis.

Cet accroissement est le résultat de l'immigration, dont les origines sont très diverses.

 

Le courant apparait comme irrésistible : la population des Etats-Unis double quatre fois au XIX° siècle, passant de 4 à 64 millions d’habitants ! Cet accroissement de population est sans équivalent dans l'histoire.

Voir 11    

 

 

3)Les étapes de la conquête

 

En moins d'un siècle l'ensemble du territoire est formé d'états. Voir 12   

 

Jusqu'au milieu du XIX° siècle : découvrir et parcourir

 

-D'abord les trappeurs faisant le commerce des fourrures, et assez bien accueillis par les Indiens parce qu'il ne perturbent pas leurs activités.

 

- Première grande mission exploratrice : Lewis et Clarke, envoyés par le président Jefferson. Ils sont les premiers à traverser le territoire, de Saint Louis à la côte Pacifique, de 1804 à 1806.

Voir 13     

 

- Il faut ensuite ouvrir des pistes, et pour commencer franchir la barrière des Appalaches. C'est fait grâce à :

- La trouée de la Cumberland (Daniel Boone en 1775, soit avant même l'indépendance).

- Le percement du canal Erié entre 1817 et 1825. Créant une voie navigable entre la rivière Hudson et les Grands Lacs, il fait de New York la porte d'entrée des Etats-Unis.

Le souvenir du canal Erié est perpétué par une chanson populaire, souvent reprise au XX° siècle, et récemment (2006) par Bruce Springsteen.

Voir 14   

  Bruce Springsteen chante "Erie canal" - Cliquer sur l'image

 

 

- Puis il fallu des pistes carrossables, pour permettre aux caravanes de traverser le continent à partie de Saint Louis.

La première : la piste de Santa Fe (1803)

La dernière : la Bozeman trail (1862) 

Ensuite c'est le chemin de fer qui prendra le relais.

Voir 15      

 

A partir du milieu du siècle, la conquête de l'Ouest consiste à occuper vraiment et à mettre en valeur.  

 

 

Les convois 

Le voyage vers l’Ouest dure plusieurs mois, du printemps à l’automne pour éviter le franchissement des Rocheuses en hiver.  Le parcours est trop dangereux pour être effectué seul. Des convois de chariot se forment donc au printemps dans la région de Saint Louis, au début de la piste.

De 1840 à 1880, on estime que 300.000 personnes ont ainsi pris la piste de l’Ouest. Environ 10.000 tombes jalonnent le parcours, soit 3 % de l’effectif. Les plus grands dangers étaient les accidents, et surtout la maladie, beaucoup plus que les Indiens. Pas plus de 200 colons ont perdu la vie lors de rencontres avec les Indiens ayant mal tourné.

L’ère des convois se termina dans les années 1870, lorsque le réseau de chemin de fer assura l’essentiel du trafic. 

Voir 16         

 

 

Les personnages du mythe 

 

Le pionnier

Il a assuré la situation de sa famille par son initiative individuelle, accompagnée d'une sérieuse prise de risque.  Il compte avant tout sur lui-même pour défendre sa position, au besoin grâce au fusil qu'il ne quitte jamais.

 

Le cowboy

Le cowboy fut tout d’abord appelé vaquero, ce qui nous rappelle ce qu’il est : un garçon vacher. Sa fonction est d’assurer le lien entre les lieux d’élevage du bétail à l’Ouest ‘lieux très dispersés) et les centres de consommation à l’Est. Il faut surveiller des troupeaux de milliers de têtes, et les convoyer sur des centaines de kilomètres. A partir des années 1880, une partie du transport du bétail se fait par chemin de fer. Le travail des cowboys est alors de concentrer le bétail sur les gares, comme Abilene, dans l’ouest du Texas.

 

Le shérif et le hors la loi (outlaw)

Ces deux figures opposées illustrent un même problème : l’état n’existe pas au moment de la conquête de l’Ouest, il faut le construire, l’imposer.

Certains de leurs affrontements deviennent légendaires (comme celui de OK corral, le 26 octobre 1881), parce qu'ils symbolisent le combat pour imposer l'un des éléments de la démocratie : le règne de la loi.

Voir 17     

Ainsi sont posés quelques uns des éléments de l'identité américaine :  la conviction de la supériorité morale des Etats-Unis, fondée sur la liberté, l'initiative individuelle et la prise de risque, le droit de se défendre par soi-même, tout en étant convaincu de la supériorité de la loi. Il y eut toujours des esprits originaux pour interroger et critiquer ces conceptions.  Mais elles ne connaissent pas de remise en cause sérieuse avant les années 1960. 

 

Cette autosatisfaction est bien illustrée par le film "La Conquête de l'Ouest", sorti en 1962.

Voir 18         

 

 

 

_______________________________________________________

 

 

 

II- Le temps du doute : la crise des années 1960 - 1970

 

1) Pourtant les "sixties" avaient si bien commencé ... 

 

Voir 19    

L'Amérique de 1960 n'apparait pas du tout au bord d'une crise sérieuse :

 

- La prospérité matérielle y est sans précédent, et sans équivalent dans le monde. C'est alors le seul pays où la société de consommation se soit vraiment épanouie.

 

- La puissance américaine a endigué le défi soviétique dans le cadre de la Guerre froide. Les crises récentes (Berlin, 1961 - Cuba, 1962) ont tourné à l'avantage des Etats-Unis.

 

- Les Américains ont élu en 1960 John F. Kennedy, qui symbolise la jeunesse, et a su tenir le discours mobilisateur de la "nouvelle frontière".

 

 

2)Une crise sourde et multiforme    

 

22 novembre 1963 : assassinat à Dallas du président Kennedy. Ce drame ne provoque pas à lui seul la crise, mais il lève le voile sur un malaise profond et multiforme :

 

- On saura sans doute jamais qui a tué Kennedy, mais il avait rencontré l'hostilité de ce que l'Amérique a de pire :  la maffia, les opposants acharnés de l'égalité raciale, les plus va-t-en guerre des anticommunistes ... Le meurtre choque d'autant plus qu'il se répète : Martin Luther King en avril 1968, Robert Kennedy en juin 1968.

 

- Le problème noir apparait comme sans fin. Alors que l'égalité civique est à peu près établie par le président Johnson (qui a succédé à Kennedy), de graves émeutes raciales secouent les villes américaines à partir de 1965.

 

- Le malaise de la jeunesse est de plus en plus évident, dans une société prospère, mais étouffée dans un conformisme pudibond. La révolte s'exprime d'abord par une musique, le rock n'roll, puis prendra des formes politiques.

Voir 20     

 

- Enfin la Guerre du Vietnam vient catalyser la crise. Les Etats-Unis y sont ouvertement engagés à partir de 1964. Or la société américaine va de plus en plus douter de la justesse de ce combat. C'est très grave dans un pays convaincu de n'avoir jamais fait la guerre que pour la justice et la liberté.  Et si, dans le combat du Bien contre le Mal, les Américains étaient devenus les méchants ???

Voir 21  

 

En 1969, le festival de Woodstock vient symboliser le rejet parla jeunesse de l'Amérique traditionnelle, de sa morale et de sa guerre.

Voir 22   

 

En 1970 sortent dans les salles trois westerns qui apportent une vision complètement différente de la conquête de l'Ouest :

Little Big Man

Soldat bleu

Un Homme nommé Cheval

Voir 23   

 

3) Sortie de crise

 

Elle se fait sous la présidence de Reagan (1981 - 1989), qui, comme par hasard, est un ancien acteur de western, incarnation parfaite du shérif ferme et souriant.

Voir 24  

 

Pour retrouver sa bonne conscience, l'Amérique est grandement aidée par la révolution islamique iranienne. En prenant en otage le personnel diplomatique américain, les Iraniens ont rétabli la hiérarchie des valeurs : les Américains sont les bons, leurs adversaires sont les méchants, l' "Axe du Mal" dira le président Bush.

 

Mais ce retour de la bonne conscience américaine ne fera pas revenir au bon vieux western manichéen. L'Amérique s'est trouvée au cinéma d'autres héros : Rambo, puis tous ceux qui lutent contre le terrorisme.