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Les entrées de touristes en Thaïlande

Année

Total en millions

Dont Français

2008

14,5 M

398.000

2009

14,1 M

407.000

2010

15,9 M

461.000

2011

19,2 M

515.000

2012

22,3 M

526.000

2013

26,5 M

611.000

2014

24,8 M

635.000

La Thaïlande reçoit aujourd’hui plus de 20 millions de visiteurs par an, dont environ un demi million de Français. Même en tenant  compte des entrées multiples pour une seule personne, cela fait beaucoup de monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3

Climat de Bangkok

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1

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2

C'est quoi les tropiques ?

Animation Flash

Lecture 4 mn

 

 

4

Comprendre le mécanisme de la mousson

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5

Les canaux de Bangkok

Animation Flash - Lecture : 4' 40"

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6

Les marchés flottants

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7

La prépondérance du riz

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8   

Les densités de population -  Agrandir les cartes

 

 

 

 

 

 

 

 

9

 

« La Thaïlande est un pays où les pauvres mangent bien », écrit John Burdett dans Bangkok 8.

 

Pour voir cela de plus prêt, cliquer ici.

 

"Bangkok 8" -  Intéressant polar qui a pour héros un personnage tout à fait exceptionnel : un policier thaïlandais honnête. En outre le roman offre une très bonne peinture de Bangkok. 

"8"est le numéro du district où officie le personnage.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10

Vous avez dit "Indochine"?  - Voir ici

 

 

 

 

 

 

 

 

11 

L'Inde et la Chine dans la population mondiale

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12

Diversité indienne et unité chinoise 

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13

 

Inde et Chine : diffusion de leur influence

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Comprendre la Thaïlande

 

 

La Thaïlande jouit en France d’une incontestable  notoriété. Et pour cause : plusieurs millions de nos compatriotes l’ont visité depuis les années 1980.

 

Le voyageur rapporte généralement de Thaïlande l’impression d’un pays agréable, où le sourire et la politesse sont de rigueur, où l’on règle les problèmes, lorsqu’il y en a, dans la bonne humeur et sans trop s’inquiéter. May pen ray (ça ne fait rien), et Sanouk (ce qui est agréable, et doit toujours être préféré au May sanouk) ne sont elles pas des formules qui ponctuent régulièrement le discours thaï ?

 

Il serait injuste de ranger ces impressions dans la catégorie des clichés touristiques. Un comportement réservé et souriant fait incontestablement partie de la culture thaïe. Mais on peut aussi tenter d’aller plus loin, et essayer de comprendre ce qui fait l’originalité réelle de ce peuple, par rapport à nous, mais aussi par rapport à ses voisins. En effet si l’on voyage en Asie du sud – est, on constate vite que le Vietnam ou la Malaisie sont aussi différents de la Thaïlande que la France peut l’être de la Suède ou de la Hongrie.

 

Comment s’y retrouver ? Pour avoir quelques repères, nous proposons de suivre cinq pistes :

 

Première piste : un pays entre le tropique et l’équateur. La chaleur, l’eau, le riz, sont des déterminants essentiels.

 

Deuxième piste : un pays entre l’Inde et la Chine. La Thaïlande n’a pu que subir l’influence de ces deux géants.

 

Troisième piste : un pays au bord de la grande route maritime mondiale. Par cette route sont venues des influences plus lointaines : celle de l’islam, puis celle de l’occident. 

 

Quatrième piste : un pays au centre d’une péninsule morcelée. Profondément divisée par la géographie et par l’histoire, la péninsule n’a jamais été unifiée durablement.

 

Cinquième piste : un pays entre tradition et modernité. La Thaïlande a connu une transformation très rapide et très récente. Le passé, le présent et l’avenir s’y bousculent de façon un peu chaotique.

 

Ces cinq pistes seraient pertinentes pour approcher n’importe quel pays d’Asie du sud-est. Mais ce qu’on y trouve se combine de façon complexe et originale pour chacun d’entre eux. 

 

 

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Première piste

Entre le tropique et l’équateur.

 

Un climat tropical de mousson

 

La Thaïlande se trouve entièrement dans la zone intertropicale. Le tropique nord passe à 250 km de la frontière nord ; l’équateur à 600 km de la frontière sud. 

Voir 1

 

Ici le soleil est toujours haut dans le ciel, il fait toujours chaud.  Voir 2

A Bangkok :  Voir 3

Entre 20° et 30 ° en décembre – janvier, les mois les plus « froids ».

Entre 25° et 35° en avril – mai, les mois les plus chauds.

(Il s’agit de moyennes sur plusieurs années, les extrêmes pouvant être nettement plus bas ou nettement plus haut. En avril – mai, les températures de 40° et plus ne sont pas rares).

 

Après la latitude, le vent de mousson est le phénomène le plus important. La mousson d’hiver souffle depuis le continent,  elle est « froide » et sèche. La mousson d’été vient de l’océan, elle est chaude et humide. 

 Voir 4

 

La latitude tropicale et la mousson donnent au pays trois saisons que les Thaïs nomment ainsi :

Rudou ron (saison chaude) : de mars à mai-juin.

Rudou fon (saison des pluies) : de juin-juillet à octobre ou novembre.

Rudou nao (saison froide) : de novembre-décembre à février.

Précisons qu’en thaï nao signifie bien froid, et pas frais. Mais tout est relatif…

 

Le meilleur moment pour visiter la Thaïlande est évidemment la saison « froide ».

Avril – juin est plutôt à déconseillé : il fait très chaud, et il ne pleut pas encore beaucoup.

Par contre en juillet - août, les pluies sont abondantes, mais la plupart du temps sous forme de brefs orages qui ne gâchent pas le voyage.  

 

 

 

L’omniprésence de l’eau

 

Dans la grande plaine centrale, l’eau est partout. Elle irrigue les rizières, mais elle a aussi, pendant longtemps, été la principale voie de communication.

 

Avant le bitume, la saison des pluies transformait les routes en bourbier. L’abondance de l’eau et le relief parfaitement plat ont naturellement conduit à creuser un réseau de canaux (khlongs) par où se faisait l’essentiel des transports et des déplacements. A la fin du XIX° siècle, la plaine centrale comptait des milliers de kilomètres de canaux, et il n’y avait pratiquement pas de routes.

Au XX° siècle la route a remplacé ces canaux, mais ne les a pas fait disparaitre.

Voir 5

 

Le réseau est encore très impressionnant aux environs de Bangkok, même si on le voit peu de la route. Ici se maintient un mode de vie traditionnel. Ici se concentre la nostalgie des Thaïs pour le « bon vieux temps ». La popularité des marchés flottants (talaat nam) ne s’explique pas autrement. Celui de Damnoen Saduak ne s’adresse qu’aux touristes étrangers. Mais il en existe partout de plus discrets et fréquentés essentiellement par les Thaïs. 

Voir 6

 

 

Le poids de la riziculture

 

Aucune région du monde n’est, autant que l’Asie du sud-est, marquée par la prépondérance de la riziculture. Certes la Chine et l’Inde sont les deux premiers producteurs mondiaux de riz. Mais dans ces deux pays le blé est également très présent,  alors qu’il est totalement inconnu en Thaïlande, et en Asie du sud-est en général. Le blé, en effet, ne supporte ni les excès de chaleur ni les excès d’humidité. Si l’on regarde la production de riz par habitant, Thaïlande, Vietnam et Birmanie arrivent incontestablement en tête.  

Voir 7

 

La riziculture inondée est l’activité agricole qui fournit le plus de calories à l’hectare, plus que le blé, et bien plus encore que l’élevage. Mais elle exige, pour l’irrigation et pour la culture elle-même, un énorme travail qui ne peut être que collectif. Ni le climat ni un certain type d’agriculture ne peuvent expliquer toute une société. Cependant la prépondérance de la riziculture, et les particularités de cette activité, ont un lien évident avec des caractéristiques essentielles de la société thaïe.

 

 *La riziculture inondée est associée aux fortes densités de population : elle nourrit beaucoup de monde, et elle exige beaucoup de bras. Dans toute l’Asie du sud-est, le contraste est net entre des plaines et des deltas irrigués, très densément peuplés, et une périphérie qui l’est beaucoup moins. La Thaïlande n’échappe pas à cette règle.

Voir 8

 

 *Le travail collectif qu’exige la rizière a été pendant longtemps l’activité essentielle de la communauté paysanne.

 Le sens communautaire reste très fort, aux antipodes de l’individualisme occidental. Les Thaïs n’aiment ni la solitude, ni le silence … sauf lorsqu’ils se retirent du monde pour devenir bonzes.

 

 *Le riz est à la base d’une cuisine riche, inventive et populaire. Comme le dit John Burdett  dans Bangkok 8, « la Thaïlande est un pays où les pauvres mangent bien ». Effectivement, le meilleur restaurant de Thaïlande, c’est celui qui se trouve dans la rue à des milliers d’exemplaires, avec un grand choix de plats tournants autour de un  ou deux euros.

Voir 9

 

 *Le riz reste aujourd’hui en Thaïlande un enjeu économique et politique central. Le pays a été longtemps, avant des déboires récents, le premier exportateur mondial de riz, en particulier pour les variétés de haute qualité (le fameux riz parfumé thaï). La question du prix du riz garanti aux producteurs est complexe (le marché mondial est de plus en plus libéralisé), mais aussi très sensible : le vote des campagnes en dépend.     

 

 

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Deuxième piste :

Entre l’Inde et la Chine

 

 

Indo-Chine : origine et pertinence d’un mot

 

Le terme « Indochine » nous parait aujourd’hui désuet, parce que lié à une époque révolue, celle de la colonisation, de l’ « Indo » de grand papa. Ce discrédit est injustifié. Le mot « Indochine » est bien antérieur à la colonisation, et s’appliquait à toute la péninsule. Le néologisme fut forgé au début du XIX° siècle par Conrad Malte – Brun, un géographe danois adopté par la France révolutionnaire. Ecrit tout d’abord sou la forme « Indo – Chine » il reposait sur l’intuition que la vie de la péninsule était largement déterminée par la double influence de l’Inde et de la Chine. C’était fort bien vu.

Voir 10

 

Inde et Chine sont deux géants par leur territoire et la masse de leur population. Aussi loin que puisse remonter le décompte des hommes, les deux premiers foyers de peuplement de la planète ont toujours été là.  Vers l’an mil il y a, estime-t-on, 60 millions d’habitants en Chine, 75 millions en Inde, contre 30 en Europe. Seule une brève parenthèse, entre le milieu du XIX° et le milieu du XX° siècle, a placé la population européenne devant celle de l’Inde.

Voir 11

 

Chine et Inde sont également porteurs de modèles culturels très riches et très anciens. En Inde, le bouddhisme se détache de l’hindouisme au VI° siècle avant JC.  A la même époque en Chine, Confucius codifie une vision unique du monde et de la société. De tels modèles devaient logiquement s’exporter.

 

 

 

Des cultures originales

 

On ne prétendra évidemment pas résumer de telles cultures en quelques lignes. Insistons seulement sur quelques différences avec la culture occidentale.

 

La pensée occidentale place l’homme au centre de sa réflexion. Laïque, elle s’intéresse à l’individu, à ses droits, à sa raison qui comprend et transforme le monde.  Religieuse, elle croit en un Dieu très personnalisé, qui a créé l’Homme à son image. La religion est une réflexion sur les rapports entre un Dieu unique et créateur de l’univers, et un Homme qui est le seul élément vraiment important de la création : Dieu lui a donné pouvoir sur toute la création.

 

La pensée orientale au contraire est centrée sur l’univers : un cosmos conçu comme une vaste machine, dont tous les éléments sont interdépendants, et dont l’homme n’est qu’un petit rouage. La religion est une réflexion sur les forces mystérieuses qui animent l’univers (et la société des hommes qui n’en est qu’une sous-partie), lui donnent son équilibre, et auxquelles l’homme doit s’adapter.

 

La conception du temps historique n’est pas non plus la même. En occident, il est linéaire et ascendant : il y  un début (la naissance du Christ, l’hégire …), et une montée vers une fin glorieuse : le retour du Christ, le paradis … ou le communisme. En orient le temps est circulaire, c’est un éternel recommencement. La Chine a un calendrier circulaire : un cycle de 12 années (du rat, du bœuf, du tigre, etc..) éternellement recommencé. L’Inde précoloniale ne s’est jamais préoccupée d’écrire son histoire : à quoi bon si tout n’est que recommencement ?

Voir 12

 

Inde et Chine communient dans ces différences avec l’occident. Mais leurs cultures sont loin d’être identiques. Une carte des langues en extrême orient en donne une bonne illustration : la Chine apparait comme homogène, alors que l’Inde est très diverse. La Chine, c’est la rigueur, l’unité, le centralisme. L’Inde au contraire c’est le foisonnement et la diversité.

 

Même différence dans la diffusion de leurs cultures. Elle est bien résumée par une phrase de Bernard-Philippe Groslier : « la Chine domine, l’Inde ensemence ». La Chine a imposé son modèle a ses voisins immédiats. Au contraire l’influence indienne s’est diffusée très loin et par mille canaux. Globalement : le Vietnam est le seul pays véritablement sinisé de l’Asie du sud-est. Le reste de la péninsule (dont la Thaïlande) est indianisé. Mais lorsqu’on entre dans le détail, on s’aperçoit que les choses sont plus complexes …

Voir 13

 

 

 

 

L’origine du peuple thaï

 

Il a été formé par des migrations originaires du sud de la Chine. La présence de peuples parlent des langues thaïes est attestée au Yunnan  vers le début de l’ère chrétienne. Des migrations se produisent ensuite vers le sud. Les premières principautés thaïes se forment au nord de l’actuelle Thaïlande au XI° siècle, c'est-à-dire assez récemment. 

 

Les peuples parlant des langues de la famille thaïe occupent encore aujourd’hui un vaste espace, qui va de la péninsule malaise au sud de la Chine, en passant par le nord de la Birmanie, le Laos et le nord  du Vietnam. Ces langues sont différenciées (le lao est proche du thaï, mais ce n’est pas la même langue), et surtout ces peuples sont mélangés à bien d’autres : en dehors de la Thaïlande et du Laos, il n’y a pas d’espace thaï homogène.

 

 

 

 

La langue thaïe

 

La langue est un extraordinaire observatoire de la différence culturelle. Elle remplit partout la même fonction : les hommes font du bruit avec leur bouche, et ces bruits ont un sens. Mais ces bruits sont organisés, dans une culture ou dans une autre, selon des logiques profondément différentes.

 

La langue thaïe appartient à la famille des langues taï – kadaï, et n’a aucune parenté avec le chinois. Cependant, sa logique est incontestablement très proche de celle du chinois, et totalement différente de celle des langues indo-européennes.

 

Langues

indo-européennes

Langue thaïe

Langue chinoise

 

Polysyllabiques : les mots peuvent avoir plusieurs syllabes.

Monosyllabique : les mots ont une seule syllabe.

Lorsqu’ils ont plusieurs syllabes, il s’agit d’associations de mots ayant chacun leur sens autonome.

 

Monosyllabique

A intonation : l’intonation introduit des nuances, mais ne change pas le sens du mot.

A tons : le même mot prononcé sur des tons différents change totalement de sens.

 

A tons

Avec flexion : le mot varie avec le genre, le nombre, la conjugaison, éventuellement la déclinaison.

Sans flexion : le mot est totalement invariable, pas de conjugaison.

 

Sans flexion

Négation simple, par OUI ou par NON.

Négation complexe, pas de OUI ni de NON

Négation complexe

Dénombrement : pas de classificateur

Classificateur indispensable

Classificateur indispensable

 

 

Si la langue, dans sa logique, est proche du chinois, l’alphabet par contre vient d’Inde. C’est un alphabet phonétique (les lettres représentent un son, et non pas un sens), dérivé du sanskrit, l’ancienne écriture sacrée de l’hindouisme. Cet alphabet est utilisé uniquement en Thaïlande. Les autres pays d’Asie du sud-est ont eux aussi des alphabets dérivés du sanskrit, mais ils sont différents de l’alphabet thaï. Seul l’alphabet lao est relativement proche.

 

 

 

La religion

 

On devrait écrire « religion », car le mot ne désigne pas du tout la même chose en Europe et dans la péninsule indochinoise. En Europe : le rapport de l’homme à son créateur. En Indochine : le rapport de l’homme aux forces mystérieuses qui animent l’univers.

 

Pour les Thaïs, leur « religion » est un mélange complexe de trois éléments :

 

*Un vieil animisme, qui est sans doute l’élément le plus ancien, et qui est très présent dans la vie quotidienne.  Les choses ont une âme, chaque lieu a son esprit, bon ou mauvais, qu’il faut apprivoiser. Les temples miniatures qu’on appelle maisons des esprits servent à cela. Elles protègent les habitations individuelles, mais aussi les lieux publics, les entreprises, les bureaux … 

Les morts peuvent revenir sous forme d’esprits maléfiques, les « pii », que nous appellerions fantômes. C’est une source d’inspiration inépuisable pour les séries télévisées et le cinéma populaire.

 

*Un bouddhisme importé des Indes, et plus précisément de Ceylan, le bouddhisme du « petit véhicule » ou Theravada. Il est essentiel dans l’organisation de la vie sociale. Le temple est le centre de la vie communautaire, le lieu de toutes les fêtes et de toutes les cérémonies, en particulier celles de la crémation. Les bonzes sont entretenus par la communauté. Ils sont les guides moraux et les personnes les plus respectées. Le passage par le monastère est une étape essentielle de l’éducation des hommes. L’ordination des jeunes bonzes est l’une des fêtes les plus importantes.

 

*Un mélange de superstition et d’hindouisme, essentiel dans la manifestation de la piété populaire. On trouve partout des temples pour des divinités protectrices, ou maléfiques, qu’il faut apprivoiser. Le marché des amulettes est extrêmement florissant.

 

 

 

La diaspora chinoise

 

La Thaïlande se situe clairement dans l’ère culturelle indianisée. Mais l’influence de la Chine se manifeste aussi par une importante population d’origine chinoise.

 

Cette diaspora est présente dans toute l’Asie du sud-est. Son origine se trouve dans les provinces surpeuplées du sud de la Chine. Très ancienne, cette émigration s’est accélérée dans la deuxième moitié du XIX° siècle avec la décadence de la Chine impériale. Aujourd’hui l’Asie du sud-est concentre la moitié de la diaspora chinoise dans le monde.

 

En Thaïlande, le nombre de sino-thaïs est estimé à 10 % de la population. Ce chiffre est assez théorique. Il est en effet difficile de déterminer qui est d’origine chinoise. On doit distinguer deux types de population :

  

*Les Chinois proprement dit, ceux qui s’appellent eux – mêmes kon jin (personnes chinoises). Leur présence est bien visible à travers les quartiers chinois, avec leurs enseignes en idéogrammes. Le plus important est celui de Yaowaraj à Bangkok.

 

*Les descendants de Chinois (louk jin : enfants de Chinois). Profondément intégrés à la société thaïe, parlant peu et mal le chinois, ils sont une composante essentielle de la classe moyenne et des milieux d’affaires.  L’intégration par les mariages rend difficile leur dénombrement précis.

On doit noter en tout cas que la Thaïlande n’a jamais connu d’explosion  de xénophobie antichinoise, si fréquente chez les voisins (Malaisie et Indonésie en particulier).