I

 

Le site : un héritage gallo-romain

 

Temps de lecture de la première partie : 7 mn

 

 

 

1-Fondation de Lutèce         Page 7

 

 

Immédiatement après la conquête romaine, la ville est fondée au I° siècle avant JC, sous le nom de Lutetia Parisiorum. Lutetia aurait une origine latine ou gauloise désignant les marais (le site est inondable par la Seine). Parisiorum désigne la tribu gauloise des Parisii. Le nom de Paris l'emporte sur celui de Lutèce vers 300 après JC.

 

Lutèce ne naît pas dans l'île de la Cité,  mais sur la rive gauche de la Seine, à l'emplacement de l'actuel Quartier latin. Nous sommes alors dans la "Paix romaine", et la ville n'est pas fortifiée parce que ce n'est pas nécessaire.

 

 

3-Choix du site     Page 8

 

Pourtant l'île est essentielle pour comprendre le choix du site. Elle permet un franchissement facile du fleuve, deux petits ponts étant plus aisés à construire et  entretenir qu'un grand pont. La ville est ainsi au carrefour de deux routes importantes :

-Une voie fluviale Est - Ouest, la Seine.

-Une voie terrestre Sud - Nord, reliant la route d'Italie à la Belgique.

C'est donc dès le début une ville gallo-romaine importante, mais ce n'est en rien la plus importante, encore moins une capitale. Les villes les plus importantes sont logiquement au Sud, dans la "Gaule narbonnaise"; la capitale des Gaules est Lugdunum (Lyon).  

 

 

 

 

4-L'organisation de Lutèce : typique des villes romaines      Page 9

 

Les villes romaines sont construites autour d'un modèle unique. C'est l'adoption de ce modèle qui marque le passage du monde "barbare" au monde "civilisé", littéralement "qui est organisé en cités" (civitas).

 

Ce modèle repose sur deux piliers:

-Un plan orthogonal : de grands axes rectilignes se croisant à angle droit; un axe principal Nord-Sud, le Cardo maximus; un axe principal Est-Ouest, le Decumanus.

-Une structuration autour des grands bâtiments où se déroule la vie publique : le forum, les thermes, le théâtre.

Lutèce n'échappe pas à ces règles générales d'organisation.

Le Cardo maximus correspond à l'actuelle rue Saint Jacques. Il descend en pente douce depuis une colline (l'actuelle "montagne Sainte Geneviève") en direction de la Seine. Mais la ville ne s'étend pas jusqu'aux rives de la Seine, qui sont marécageuses.

A l'Ouest du Cardo, le forum, le théâtre et les thermes.  A l'Est, un peu en dehors de la ville, un amphithéâtre pouvant accueillir, pense-t-on, jusqu'à 16 000 spectateurs.

 

 

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Il y a aussi des constructions sur la rive droite, mais très secondaires par rapport à la ville principale.

 

Sur l'île, il y a une population dont on pense qu'elle était essentiellement gauloise. Mais aussi d'importants bâtiments qui faisaient déjà de l'île un centre du pouvoir :

-A l'Est, un temple romain, à l'emplacement de Notre Dame de Paris.

-Au centre, à l'emplacement de l'actuel marché aux fleurs, une imposante "Basilique" dont on ignore la fonction.

-A l'Ouest, à la pointe de l'île, un "Palais", résidence sans doute politique dont on sait peu de choses.

 

 

 

 

5-Que reste-t-il de Lutèce ? Pas grand chose

... et beaucoup     Page 11

 

 

Pas grand chose : tous les bâtiments romains ont disparu, dégradés par le temps, pillés au Moyen-âge pour en récupérer les pierres, recouverts par d'autres constructions jusqu'à en être totalement oubliés. Les seuls vestiges importants sont les arènes de Lutèce, et surtout les thermes dits "de Cluny", parce qu'ils ont été incorporés au XIV° siècle dans l'hôtel des abbés de Cluny, ce qui les a préservés des ravages du temps.

 

Et pourtant beaucoup :

 

Tout d'abord le site autour de la Seine et son île.  La vocation fluviale de la ville est attestée très tôt par l'importance de la corporation des Nautes (les bateliers), qui font édifier à leurs frais au I° siècle le coûteux "pilier des Nautes" dédié à Jupiter.  Les armoiries de la ville de Paris, avec la nef (XII° siècle), la devise "Fluctuat nec mergitur" ("Elle flotte mais ne sombre pas" - XVI° siècle) perpétuent cette tradition.

 

 

D'autre part, et c'est essentiel pour la géographie de la ville, le Cardo (rue Saint Jacques, avec son prolongement sur la rive droite), reste le grand axe  Nord - Sud jusqu'au milieu du XIX° siècle, c'est à dire jusqu'aux travaux d'Haussmann. La vocation politique de l'île de la Cité, déjà présente à l'époque romaine, se renforce avec les années dangereuses qui suivent la disparition de l'Empire.

 

 

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Enfin, c'est dans le cadre de l'empire romain que se fait la christianisation. Selon la tradition chrétienne, le premier évêque de Lutèce, Saint Denis, aurait été décapité vers 250 sur la colline de Montmartre ("Mont des martyrs" ? ... on l'affirme, mais l'origine du nom n'est pas certaine). La tradition chrétienne rapporte aussi que Saint Denis aurait ramassé sa tête et l'aurait portée jusqu'à l'emplacement de la basilique Saint Denis, qui sera plus tard nécropole royale.

 

 

 

 

 

 

Vers la deuxième partie :

 

II

 

Du Moyen-Âge au XIX° siècle :

Une croissance en cercles concentriques

 

 

 

 

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Page 7

Naissance de Lutèce

 

 

 

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Page 8 - Le choix d'un site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Page 9 - L'organisation d'une ville romaine

 

 

 

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Page 10 - L'île, centre de pouvoir

 

 

 

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Page 11 - Que reste-t-il de Lutèce ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 12 - Les débuts du christianisme à Lutèce