Israël - Palestine

Comprendre un conflit

 

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INTRODUCTION

  

I - LES ORIGINES DU CONFLIT

 

1) L'importance de la région

* La première région pétrolière du monde

* Un carrefour de routes stratégiques

* Un ensemble de lieux symboliques

 

2) Les acteurs du conflit

* Le peuple juif, de la diaspora au sionisme

* Le nationalisme arabe

* Les grandes puissances

 

3) La genèse du conflit

* La terre "trop promise" (1914-1939)

* La guerre a bouleversé les données du conflit (1945)

* La naissance de l'état d'Israël (1947-1948)

 

 

  

II - L'ECHEC DES SOLUTIONS MILITAIRES

 

1) La première guerre (1948-1949)   

* Déroulement de la première guerre

* Conséquences de la première guerre

 

 

2) 1956 : la crise de Suez (1956)

* Déroulement de la crise de Suez

* Conséquences de la crise de Suez

 

 

3) La Guerre des Six jours (juin 1967)

* Déroulement de la Guerre des Six jours

* Conséquences de la Guerre des Six jours

 

 

4) 1973 : la Guerre du Kippour (1973)

* Déroulement de la Guerre du Kippour

* Conséquences de la Guerre du Kippour

 

 

5) Le bourbier libanais (1982-1985)

* Déroulement de l’intervention israélienne

* Conséquences de l’intervention israélienne

 

 

 

 

III - L'ECHEC DES SOLUTIONS NEGOCIEES ?

 

1) Les accords de Camp David (1978)

* Origines des accords

* Contenu des accords

* Limites des accords

 

2) L'accord de Washington (1993)

* Origines de l’accord

* Contenu de l’accord

* Limites de l’accord

 

3) Enlisement ou nouvelle donne ? (depuis 1995) 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

INTRODUCTION        Retour sommaire

  

          Les Européens ont donné le nom de Moyen-Orient à la vaste zone qui s’étend de la Méditerranée à l’Océan Indien, et qui, de tous temps, a servi de point de passage entre l’Orient et l’Occident. [Page 1]

          A l’intérieur de cette vaste région, un petit territoire est depuis plus de soixante ans l’objet d’un conflit : la Palestine, que se disputent Juifs et Arabes. [Page 2] Chacun connaît plus ou moins les origines du conflit, très anciennes, et les enjeux internationaux, très importants. Mais ce conflit, si long, est devenu si complexe que l’on a parfois bien du mal à s’y retrouver.

          Ce cours se propose de clarifier les choses, en précisant les données de base, à la fois historiques et géographiques, du conflit israélo-palestinien. Nous procéderons en trois temps [Page 3] :

 

        Dans une première partie, nous présenterons le théâtre du conflit, ses acteurs, et la façon dont leur affrontement se met en place, de 1914 à 1948.

 

        Puis nous verrons comment toutes les solutions militaires, depuis 1948, ont échoué à régler réellement le problème.

 

        Enfin nous verrons la recherche d'une solution négociée, qui, après avoir provoqué de grandes espoirs en 1993 (accords d'Oslo ouvrant le "processus de paix") semble elle aussi dans une impasse.

Page 3

 

 Pages 4 et 5

Annexes : 

Le pétrole dans le monde

 

I - LES ORIGINES DU CONFLIT      Retour sommaire

 

1) L'importance de la région     Retour sommaire

 

 

* La première région pétrolière du monde [Pages 4 et 5]

 Le Moyen-Orient est au centre de la production mondiale de pétrole . Il fournit environ 40 % de exportations mondiales, et surtout renferme les 2/3 des réserves prouvées de pétrole.

 

 

* Un carrefour de routes stratégiques [Page 6]

Page 6

          Le Moyen-Orient est situé à un carrefour de routes maritimes essentielles 

Page 7

 

- La route de Suez  : par le canal de Suez et la Mer Rouge, elle relie l'Europe à l'Extrême-Orient sans faire le détour par le sud de l'Afrique. 

- La route du pétrole  : sortant du Golfe Persique par le détroit d'Ormuz, elle  permet d'exporter le pétrole vers l'est (Japon), ou vers l'ouest (Europe, Amérique du nord). 

- La route des Détroits turcs  : par le Bosphore et les Dardanelles, elle permet à la Russie d'accéder à la Méditerranée. 

Il existe au Moyen-Orient plusieurs verrous  [Page 7]  qui permettent de bloquer très facilement les routes maritimes :

- Pour la route de Suez, le canal de Suez lui-même, les détroits de Charm el Cheikh (ou Tiran) et Bab el Mandeb.

- Pour la route du pétrole, le détroit d’Ormuz.

- Pour la route des Détroits turcs, le Bosphore et les Dardanelles.

Page 8 à 10

Annexes :

La "terre promise" dans la bible

Jérusalem "trois fois sainte"

La sourate "Le voyage nocturne"

 

Ces verrous constituent autant d’enjeux stratégiques, étroitement surveillés par les états de la région et les grandes puissances.

 

* Un ensemble de lieux symboliques  [Page 8 à 10]

Le Moyen-Orient est le berceau des trois grandes  religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam, dont l'influence s'étend à des degrés divers sur les cinq continents.

 Les lieux saints concentrés au Moyen-Orient ont une importance particulière, puisque tous évoquent les origines des trois religions. 

On retiendra particulièrement  Jérusalem ,  ville "trois fois sainte", à la fois pour les juifs, les chrétiens et les musulmans. Et  la Mecque,  centre symbolique du monde musulman.

 

2) Les acteurs du conflit     Retour sommaire

Le conflit du Moyen-Orient oppose avant tout le nationalisme juif, ou sionisme, au nationalisme arabe. Mais il a été compliqué par l'intervention des grandes puissances. [Page 11]

 

* Le peuple juif, de la diaspora au sionisme  [Page 11]

 

Le sionisme est un mouvement politique né dans les communautés juives de la diaspora (dispersion) d'Europe à la fin du XIX° siècle. Il a pour programme le retour des Juifs en Palestine, d'où ils ont été chassés par les Romains aux I° et II° siècles de notre ère. La motivation est, non pas religieuse, mais nationale et politique : assurer la sécurité du peuple juif, victime de l'antisémitisme, en lui donnant une terre et un état. Un Juif hongrois, Théodore Herzl, a joué un rôle essentiel dans la convocation du premier congrès sioniste mondial (1897).

 

 

* Le nationalisme arabe  [Page 12 à 14]

 

Depuis la fin du XIX° siècle, le nationalisme arabe exprime l'aspiration des peuples arabes à retrouver leur grandeur passée. Il faut redonner aux Arabes leur indépendance (en 1914, le monde arabe est presque entièrement dominé, à l'ouest par les Européens, à l'est par les Turcs ottomans), et leur unité. Le nationalisme arabe considère la Palestine et Jérusalem comme partie intégrante du monde arabe. Il est fondamentalement hostile au sionisme, dans lequel il voit un élément étranger et conquérant.

 

 

* Les grandes puissances  [Page 15]

Les grandes puissances ne peuvent être indifférents au sort du Moyen-Orient, pour les raisons évoquées plus haut (pétrole, présence de routes maritimes vitales, importance politique des lieux saints). Elles ont joué un rôle essentiel dans la formation et l'évolution du conflit israélo-arabe.

Jusqu'à la Deuxième guerre mondiale, l'influence prépondérante est celle des puissances européennes, l'Angleterre, et, dans une moindre mesure, la France. Après 1945, le relais est pris par les deux "superpuissances" qui s'affrontent dans la guerre froide : Etats-Unis et URSS. Mais depuis la chute de l'URSS (1991), les Etats-Unis restent la seule puissance à pouvoir jouer un rôle décisif au Moyen-Orient.

 

 

3) La genèse du conflit     Retour sommaire

 

* La terre "trop promise" (1914-1939) [Page 16]

En 1914, l'Empire ottoman contrôle encore la plus grande partie du Moyen-Orient, dont la Palestine. Dans la Première Guerre mondiale, le vieil empire s'écroule sous les coups de l'Angleterre. Mais, poussée par les nécessités de la guerre, la diplomatie britannique a fait des promesses nombreuses et contradictoires [Page 17 et 18]  :

          - Aux Arabes, de favoriser après la chute de l'Empire ottoman la formation d'un grand Royaume arabe indépendant (rôle de « Lawrence d’Arabie », correspondance Hussein - Mac Mahon, juillet 1915 - janvier 1916).

          - A la France, de partager avec elle la région (accords Sykes-Picot, mai 1916).

          - Au mouvement sioniste, de favoriser la création en Palestine d'un foyer national juif (déclaration Balfour, novembre 1917).

 

Après 1918,  [Page 19 et 20]  la France et l'Angleterre victorieuses installent leur contrôle politique sur le Moyen-Orient. L'Angleterre administre la Palestine, et, en application de la déclaration Balfour, y favorise l'immigration juive. Devant l'hostilité croissante des Arabes, marquée par des révoltes sévèrement réprimées, l'Angleterre finit par limiter l'immigration juive, puis par l'arrêter complètement en 1939.

 

 

* La Seconde Guerre mondiale a bouleversé les données du conflit (1945)

 [Page 21]

En 1945, les données du conflit sont profondément modifiées par la guerre mondiale, dans trois domaines.

          - Le sionisme sort renforcé de la guerre. Avec la découverte du génocide nazi, il jouit d'une immense popularité dans l'opinion publique internationale.

          - L'indépendance des états arabes s'impose comme une évidence, face à une France et une Angleterre victorieuses, mais très affaiblies par la guerre. Au moment où ils accèdent à l'indépendance, les Arabes refusent catégoriquement de livrer une partie de leur terre, la Palestine, à la colonisation juive.

          - En Palestine même, l'Angleterre est dans une impasse. Combattue à la fois par le sionisme et le nationalisme arabe, elle décide de se retirer et remet en 1947 le problème de la Palestine entre les mains de l'ONU.

 

* La naissance de l'état d'Israël (1947-1948)  [Pages 22 et 23]

En 1947-48, naissent à la fois l'état d'Israël et le conflit armé avec le monde arabe.

L'assemblée générale de l'ONU se prononce (novembre 1947) pour le partage de la Palestine en un état juif et un état arabe, Jérusalem étant internationalisé. Les Etats-Unis, l'URSS et la France ont voté en faveur de ce plan; la Grande-Bretagne s'abstient Le mouvement sioniste accepte le plan de partage, alors que le monde arabe le rejette.

Le 14 mai 1948, veille du départ des Anglais, les dirigeants sionistes proclament la naissance de l'état d'Israël. Les états arabes entrent immédiatement en guerre.

 

 

 

 

II - L'ECHEC DES SOLUTIONS MILITAIRES     Retour sommaire

 Aucune des guerres qui se sont déroulées au Moyen-Orient depuis 1948 n'a apporté de solution réelle au conflit. Mais chacune a plus ou moins profondément modifié les données du problème. [Page 24]

 

1) La première guerre (1948-1949)    Retour sommaire

 

            * Déroulement de la première guerre   [Page 25]

Les incidents étaient nombreux et sanglants en Palestine depuis plusieurs années. Mais une véritable guerre commence immédiatement après la proclamation de l'état d'Israël le 14 mai 1948. Elle est faite, non par les Palestiniens, mais par les états arabes voisins d'Israël : Egypte, Transjordanie, Syrie et Liban. Malgré son infériorité numérique, Israël l'emporte grâce à la détermination de son armée et de sa population. Grâce aussi à la livraison d'armes modernes par la Tchécoslovaquie, avec l'accord de l'URSS. De leur côté, les états arabes étaient essentiellement armés par l'Angleterre. Les combats cessent en janvier 1949. Par une série d'armistice signés dans les moins suivants, les états arabes reconnaissent leur défaite.

 

            * Conséquences de la première guerre [ Page 26 ]

La guerre de 1948-49 entraîne trois conséquences majeures pour la suite du conflit.

- Israël contrôle désormais 80 % de la Palestine, dont la moitié ouest de Jérusalem.

- Les états arabes signent en 1949, non des traités de paix, mais des armistices. Ils refusent de reconnaître l'état d'Israël.

- Des centaines de milliers de Palestiniens ont fui les combats. Ils s'entassent dans des camps de réfugiés autour d'Israël.

 

  

2) 1956 : la crise de Suez (1956)   Retour sommaire

 

* Déroulement de la crise de Suez  [ Page 27 à 29 ]

Au départ, la crise est étrangère au conflit israélo-arabe. Le président égyptien Nasser nationalise en juillet 1956 le canal de Suez appartenant à une société franco-britannique. La France et l'Angleterre refusent de s'incliner et préparent une riposte militaire. Elles cherchent alors un allié dans la région. Ce sera Israël.

L'intervention militaire a lieu en octobre-novembre 1956 et remporte un succès facile. Mais la victoire franco-anglo-israélienne se transforme vite en désastre diplomatique. L'URSS soutient l'Egypte et menace d'utiliser l'arme atomique. Les Etats-Unis refusent d'intervenir. Les forces franco-britanniques d'un côté, israéliennes de l'autre, doivent évacuer l'Egypte sans rien avoir obtenu.

 

* Conséquences de la crise de Suez [ Page 30 ] 

-Il n'y a aucune modification de frontière. La frontière israélo-égyptienne est désormais surveillée par les "casques bleus" de l'ONU.

-Par contre, un nouveau système d'alliance se met en place. Pour la première fois, l'URSS est l'alliée d'un pays arabe, l'Egypte. Israël, par son action aux côtés de la France et de l'Angleterre, apparaît comme l'allié de l'Occident. La guerre froide fait son apparition dans le conflit israélo-arabe.

 

3) La Guerre des Six jours (juin 1967)  [Page 31 ]

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* Déroulement de la Guerre des Six jours  [ Page 32 et 33 ]

 

Confronté à des menaces croissantes de l'Egypte, Israël déclenche une guerre préventive le 5 juin 1967. En six jours, la victoire militaire est totale. Les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes sont détruites.

 

* Conséquences de la Guerre des Six jours 

Elles sont décisives pour la suite du conflit, dans trois domaines.

 

Première conséquence : [ Page 34 ]

- Israël contrôle désormais toute la Palestine (y compris Jérusalem-est et la bande de Gaza), plus le désert du Sinaï et le plateau du Golan. Dans les territoires occupés, plus d'un million de Palestiniens vivent à présent sous contrôle militaire israélien .

 

Deuxième conséquence : [ Page 35 ]

- Il commence à se dessiner un certain isolement international d'Israël. Les grandes puissances se prononcent clairement pour une solution diplomatique, et non pas militaire, du conflit. La résolution 242 du Conseil de sécurité (novembre 1967) demande tout à la fois la reconnaissance d'Israël, et l'évacuation des territoires occupés par la force. La France, par la voix de de Gaulle, prend des distances encore plus nettes avec Israël.

 

Troisième conséquence : [ Pages 36 et 37 ]

- Les Palestiniens ne croient plus en une victoire militaire des états arabes, et se constituent en force politique autonome. L'O.L.P. (Organisation de libération de la Palestine), dirigée depuis 1969 par Yasser Arafat, devient indépendante des états arabes. La situation désespérée des Palestiniens pousse l’OLP à des actions terroristes (détournements d’avions). Mais cette autonomie et ces actions inquiètent bien des dirigeants arabes. En septembre 1970 ("Septembre noir"), l'armée du roi Hussein chasse l'O.L.P. de Jordanie. L'O.L.P. se replie alors pour une bonne partie sur le Liban.

Les actions terroristes se poursuivent (attentat aux JO de Munich en 1972). Malgré le terrorisme, l’OLP obtient un succès diplomatique en se faisant reconnaître par l’Assemblée générale de l’ONU. Yasser Arafat y prend la parole en novembre 1974.

 

4) 1973 : la Guerre du Kippour (1973)   Retour sommaire

 

* Déroulement de la Guerre du Kippour   [ Page 38 ]

La guerre est déclenchée le 6 octobre 1973 par le nouveau président égyptien, Anouar El Sadate. La Syrie participe également au conflit. Les deux superpuissances sont impliquées dans la guerre, les Etats-Unis armant Israël, l'URSS armant l'Egypte et la Syrie.

Pendant quelques jours, l'armée égyptienne prend, pour la première fois, l'avantage. L'armée israélienne renverse ensuite la situation en sa faveur. Mais elle ne peut exploiter son succès. Par des pressions conjointes, les Etats-Unis et l'URSS imposent un cessez-le-feu à la fin d'octobre 1973.

 

* Conséquences de la Guerre du Kippour     [ Pages 39 et 40 ]

La première est spectaculaire et immédiate. La deuxième, plus discrète, ne produit ses effets qu'à long terme.

- Le premier choc pétrolier est une conséquence directe de la guerre du Kippour. Les pays arabes membres de l'OPEP décident dès le 17 octobre un embargo sur les ventes de pétrole aux pays qui soutiennent Israël. Les livraisons ne reprennent que lorsque les pays importateurs acceptent le quadruplement du prix du pétrole décidé par l'OPEP (décembre 1973).

- L'ouverture d'un dialogue entre Israël et l"Egypte est une conséquence paradoxale de la Guerre du Kippour. Le président Sadate, après avoir sauvé l'honneur militaire, recherche une solution négociée qui lui permettrait de retirer l'Egypte du conflit. Les contacts aboutiront  au voyage de Sadate à Jérusalem (1977), puis aux accords de Camp David (1978). [voir 3° partie].

 

 

5) Le bourbier libanais (1982-1985)      Retour sommaire

 

* Déroulement de l’intervention israélienne    [ Pages 41 et 42 ]

Le Liban est depuis 1975 déchiré par la guerre civile. Elle oppose dans un premier temps les musulmans, favorables aux Palestiniens, aux chrétiens qui souhaitent voir l'OLP quitter le pays. Puis le conflit devient d'une grande complexité, dans ce pays divisé en de multiples communautés  . La Syrie intervient de plus en plus, et s'efforce imposer son arbitrage.

Dans cette situation déjà inextricable, l'armée israélienne intervient en juin 1982. L'objectif est de chasser l'OLP du pays, et de favoriser la domination des chrétiens, moins hostiles à Israël. Mais dans une telle guerre civile, aucune victoire militaire n'est possible. L'armée israélienne s'enlise. Des massacres de civils palestiniens se produisent dans les zones qu'elle contrôle (camps de Sabra et Chatila, septembre 1982). Une force multinationale s'interpose, dominée par les Etats-Unis et la France. En 1985, pour sortir d'un enlisement dangereux, Israël se retire du Liban, conservant toutefois le contrôle d'une "zone de sécurité" le long de sa frontière.

 

* Conséquences de l’intervention israélienne [ Page 43 ]

Sans connaître la défaite, Israël a cependant échoué dans sa tentative d'imposer une solution militaire :

          - L'OLP n'a pas été détruite.

          - Les chrétiens, moins hostiles à Israël, n'ont pas installé leur domination sur le Liban. C'est au contraire la Syrie qui s'impose comme l'arbitre incontournable et le véritable maître du pays.

          - L'image d'Israël, non plus victime, mais agresseur, s'est fortement dégradée aux yeux de l'opinion publique internationale.

Cette somme d'échecs a contribué à faire évoluer certains dirigeants israéliens vers la recherche d'une solution négociée au conflit.

 

 

 

 

 

III - L'ECHEC DES SOLUTIONS NEGOCIEES ? [ Page 44 ]

      Retour sommaire

 

1) Les accords de Camp David (1978)     Retour sommaire

 

* Origines des accords  [ Pages 45 et 46  ]

A l'origine des accords de Camp David, il y a la volonté de trois hommes.

- Anouar El Sadate, après avoir sauvé l'honneur militaire au cours de la guerre du Kippour, souhaite retirer l'Egypte du conflit pour consacrer tous ses efforts à la modernisation de son pays. Le prix minimum à payer par Israël est la restitution du Sinaï.  Sadate fait un geste spectaculaire en se rendant à Jérusalem en novembre 1977. Parlant devant la Knesset (le parlement israélien), il offre la paix. Mais il doit aussi, au moins formellement, donner l'assurance qu'il ne rompt pas avec les autres états arabes, et n'abandonne pas la cause des Palestiniens.

- Menahem Begin, premier ministre israélien, représente la droite en principe la plus intransigeante. Mais il voit dans la négociation avec l'Egypte l'opportunité d'écarter du conflit l'adversaire le plus puissant d'Israël. Il est prêt à payer un prix territorial, le Sinaï. Sur le fond du conflit, la question palestinienne, on se contentera de bonnes paroles qu'il sera facile de ne pas respecter.

- Jimmy Carter, président des Etats-Unis, s'efforce de renforcer l'alliance avec l'Egypte, qui a progressivement rompu avec l'URSS. Il est sincèrement partisan d'une solution négociée au conflit, et n'a pas le même cynisme que ses partenaires.

* Contenu des accords  [ Page 47 ]

Il y a d'abord des mesures immédiates, qui ne concernent qu'Israël et l'Egypte.

- L'Egypte reconnaît l'état d'Israël. Elle est le premier état arabe à le faire, et pendant longtemps le seul.

- Israël restitue le Sinaï à l'Egypte.

L'accord contient également des mesures générales et à plus long terme.

- Les autres états arabes sont invités à se joindre au traité.

- Des négociations doivent s'ouvrir avec les Palestiniens, qui devraient aboutir à leur autonomie.

 

* Limites des accords    [ Page 48 ]

Les accords de Camp David n'ont pas abouti à un règlement général du conflit.

- Négocié sous l'arbitrage américain, l'accord a été rejeté par l'URSS. Les Soviétiques ont renforcé leur alliance avec les pays refusant l'accord, telle la Syrie.

- L'Egypte s'est retrouvée isolée, dénoncée pour trahison, et même exclue de la Ligue arabe. Le président Sadate a été assassiné en 1981 par des islamistes égyptiens.

- Surtout, les négociations sur l'autonomie palestinienne n'ont jamais abouti. Le problème n'était donc en rien réglé sur le fond.

 

 

2) L'accord de Washington (1993)   Retour sommaire

 

* Origines de l’accord

Pour que l'on parvienne à un accord direct entre Israël et l'OLP, il fallait des évolutions profondes. On les trouve dans trois domaines.

- Les dirigeants, tant israéliens que palestiniens, ne croient plus à une victoire militaire, et évoluent vers des positions modérées. En 1988, l'OLP renonce au terrorisme, reconnaît l’état d’Israël, et prononce symboliquement la création d’un état palestinien (Doc.) .

- Depuis 1987 se déroule l' "Intifada" : le soulèvement de la population civile palestinienne des territoires occupés. La répression israélienne est très dure, mais ne peut mettre fin au soulèvement. L’image d’Israël se dégrade un peu plus dans l’opinion publique internationale.

- En août 1990, l'Irak envahit le Koweït. Pour mener la "guerre du Golfe", les Etats-Unis ont besoin de l'alliance de tous les états arabes. Ils doivent pour cela favoriser une solution équilibrée du problème israélo-palestinien, et faire pression sur leur allié israélien.

 

* Contenu de l’accord

Alors qu'une conférence officielle se déroule à Madrid,  des négociations secrètes sont menées à Oslo. Elles aboutissent en septembre 1993 à un accord spectaculaire en trois points.

- Israël et l'OLP se reconnaissent mutuellement. Yasser Arafat et Itzhak Rabin (1° ministre israélien) se serrent la main à Washington, sous le regard du président Clinton (Doc.)

- Les Palestiniens obtiennent l'autonomie immédiate sur une petite partie des territoires occupés : Gaza et Jéricho. (Carte)

- Tous les autres problèmes sont renvoyés à des négociations, qui doivent se dérouler selon un calendrier précis.

 

* Limites de l’accord 

Les accords d'Oslo semblent constituer un tournant essentiel, puisque pour la première fois ils portent sur le fond du problème : les relations entre Israël et les Palestiniens. Mais, les décisions immédiates étant très limitées, les accords n'ont de sens que si les négociations se poursuivent, et aboutissent à des résultats acceptés par les deux camps. C'est bien pourquoi on ne parle pas de "paix", mais de "processus de paix".

Or, depuis 1995, la situation s'enlise.

- Le premier  ministre israélien, Itzhak Rabin, signataire des accords, a été assassiné par un extrémiste israélien en novembre 1995.

- La droite israélienne a gagné les élections législatives de 1996. Elle a une conception très restrictive des accords, et les négociations s'enlisent.

- Du côté palestinien, le mouvement islamiste Hamas rejette les accords d'Oslo, et s'est efforcé de les torpiller par des attentats. Avec l'enlisement du processus de paix, l'audience du Hamas grandit dans la population des territoires occupés.

- Le retour de la gauche israélienne au pouvoir (Ehud Barak) n’a pas permis une vraie relance du « processus de paix ». En particulier, la colonisation israélienne dans les territoires occupés n’a jamais été arrêtée.

- A l’automne 2000, l’enlisement complet des négociations et quelques provocations débouchent sur une nouvelle « intifada », à l’issue incertaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3) Enlisement ou nouvelle donne ? (depuis 1995)     Retour sommaire

 

 

 

CONCLUSION     Retour sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Annexes :

Le psaume de Jérusalem

Théodore Herzl

L'affaire Dreyfus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Annexes :

... et la Chine ?

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Annexes :

L'alliance Berlin-Constantinople

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 17 et 18

Annexes :

Lawrence d'Arabie

Les accords Sykes-Picot

La déclaration Balfour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 19 et 20

Annexes :

Le drapeau de la révolte arabe

Les sandjaks dans l'empire ottoman

Jabotinsky et le révisionnisme sioniste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Annexes :

Auschwitz, symbole du génocide

L'affaire de l'Exodus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages 22 et 23

Annexes :

Qui a voté le plan de partage ?

Discours de Gromyko à l'ONU

David Ben Gourion

Proclamation de l'état d'Israël

 

 

 

 

 

 

 

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Annexes :

L'URSS et Israël

La résolution 242

De Gaulle et Israël

 

 

 

 

 

 

Pages 36 et 37

Annexes :

Septembre noir

L'attentat de Munich

1974 : Arafat à l'ONU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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