LES ACCORDS SYKES - PICOT (1916)

 

 

En 1916 à Paris, le diplomate français Georges Picot et son homologue britannique Mark Sykes entament, au nom de leurs gouvernements respectifs, une négociation qui conduira, au lendemain de la guerre, au partage du Moyen-Orient arabe entre la France et l’Angleterre. Une telle négociation semble en totale contradiction avec la promesse anglaise de créer un royaume arabe indépendant. En réalité, dans l'esprit des Anglais, cette promesse doit être sérieusement nuancée par deux éléments :

- La nécessité de tenir compte des intérêts des autres puissances concernées par le Proche-Orient : France, Russie, et, dans une moindre mesure, Italie.

- La conception même qu'ont les Anglais de l'indépendance arabe. Ils sont sincèrement favorables à la création d’un ou plusieurs états arabes. Mais pour eux, l’indépendance totale de ces états n'est envisageable qu'à long terme. Dans un premier temps, les Arabes enfin libérés de l'oppression turque devront vivre sous la tutelle bienveillante des puissances européennes.

 

Les accords Sykes-Picot envisagent :

-Un ou plusieurs états arabes indépendants, mais vivant, au nord sous l’influence de la France (zone A), au sud sous l’influence de l’Angleterre (zone B).

-Une zone bleue, directement administrée par la France. Elle comprendrait le Liban, mais également de vastes parties de l’actuelle Turquie. En effet les alliés se proposent en 1916 de démembrer totalement l’Empire ottoman, et d’attribuer des zones de peuplement turc à la France, mais aussi à l’Italie et à la Grèce.

-Une zone rouge, administrée directement par l’Angleterre. Elle correspondrait au cœur de l’actuel Irak. Les Anglais, déjà installés au Koweït et sur le détroit d’Ormuz, considèrent le Golfe Persique comme une deuxième route des Indes, vitale pour leurs intérêts.

-Une zone brune internationalisée autour de Jérusalem. Il s'agit de  ménager les intérêts de la Russie, qui doit être associée aux accords, et qui se veut la protectrice des chrétiens orthodoxes.

 

Les accords Sykes-Picot sont confirmés en mai 1916 par une lettre de l’ambassadeur français Paul Cambon au gouvernement britannique.

 

Les accords ne seront que partiellement appliqués. En particulier la réaction nationaliste turque dirigée par Mustafa Kemal parvient, de 1920 à 1922, à rétablir la Turquie approximativement dans ses frontières actuelles. Mais les accords Sykes-Picot laissent pour la première fois entrevoir ce que sera le partage de la région après la défaite de l'empire ottoman en 1918.

 

Bleu : zones attribuées à la France

      -Bleu foncé : administration française directe

       -Bleu clair : zone d'influence française

 

Rouge : zones attribuées à la Grande Bretagne

       -Rouge foncé : administration britannique directe

       -Rose : zone d'influence britannique

 

Brun : zone internationale (statut envisagé : protection par l'Angleterre, la France et la Russie)

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Mark Sykes ((1879 - 1919)