De Gaulle juge les chefs de 1940

Dans les "Mémoires de Guerre" (éditions Plon, 1954) justifie sa prise de pouvoir de 1940 en dressant le portrait des autres chefs de cette époque. Tous avaient des qualités, mais aucun selon de Gaulle n'était digne de représenter et dirige rune France déterminée à rester libre. 

 

Général Weygand (73 ans)

Commandant en chef depuis le 20 mai 1940 en remplacement de Gamelin, de Gaulle lui reconnait les qualités d'un brillant officier. Mais il n'a pas vraiment le tempérament d'un chef, ce n'est qu'un "brillant second". Et en juin 1940 il semble plus préoccupé par le danger de révolution que par la victoire allemande.

 

Mémoires de Guerre, éditions Plon 1954, p. 40-41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mémoires de Guerre, éditions Plon 1954, p.44-45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maréchal Pétain (84 ans)

Dans sa jeunesse de Gaulle a servi sous les ordres de Pétain, et eut pour lui une grande admiration. Mais en 1940, à 84 ans, le maréchal est un homme d'un autre temps. Il ne comprend pas le caractère mondial de la guerre, et l'âge a rongé son caractère.

Mémoires de Guerre, éditions Plon 1954, p. 60-61

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paul Reynaud (61 ans), président du Conseil des ministres

De Gaulle a toujours montré la plus grande déférence pour Paul Reynaud. C'est le seul homme politique qui ait soutenu sa campagne pour l'arme blindée dans les années 30. C'est lui qui a fait entrer de Gaulle au gouvernement le 6 juin 1940.

Mais, pour de Gaulle, si Reynaud avait de très grandes qualités adaptées à des circonstances normales, il n'avait pas le caractère exceptionnelles exigé par les "circonstances excessives" de 1940. il a été broyé.

 

Mémoires de Guerre, éditions Plon 1954, p.65-66

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

... et enfin de Gaulle lui-même (49 ans en juin 1940)

Puisqu'il ne reste plus personne, il faut bien qu'il ramasse le drapeau. Le portrait qu'il fait de lui à ce moment est un mélange étonnant de modestie et d'orgueil : il ne représente pas grand chose; il doit donc se montrer particulièrement hautain puisqu'il prétend représenter la France.

 

Mémoires de Guerre, éditions Plon 1954, p. 70-71