John Maynard KEYNES (1883 - 1946)

 

 

L’économiste anglais John Maynard KEYNES fut témoin, commentateur et acteur des grands évènements économiques d’une guerre mondiale à l’autre.

 

 1919 : Keynes est expert économique à la conférence de la paix qui prépare le traité de Versailles. Il publie une critique sévère de l’attitude des vainqueurs dans « Les conséquences économiques de la paix ».

 

1936 : Keynes publie la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » qui donne une base théorique à la remise en cause du libéralisme classique face à la crise de 1929.

 

1944 : Keynes préside la délégation britannique à la conférence de Bretton Woods, qui va établir un nouveau système monétaire internationale fondé sur l’hégémonie du dollar. 

Keynes propose vainement la création d’une véritable monnaie internationale, le bancor, gérée par la communauté internationale. Les Américains répondent poliment que l’existence et la force du dollar rendent inutile le projet de bancor.

 

 

 

 

 

 

Dans "Les conséquences économiques de la paix", écrit en 1919, Keynes fait une critique cinglante de la façon dont les négociateurs du traité de Versailles ont ignoré les véritables problèmes, c'est à dire les problèmes économiques. Le livre rencontra un très grand succès, et suscita de vives critiques en France.

Voir un extrait ci-dessous.

 

On peut télécharger le texte intégral du livre sur Internet :

 

Au format Word : Le texte du livre au format Word 2001 à télécharger (Un fichier de 148 pages et de 656 K)

Au format PDF : Le texte du livre au format PDF (Acrobat Reader) à télécharger (Un fichier de 148 pages et de 564 K.)

 

 

John Maynard Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, N.R.F., trad. P. Frank, 1920 

Extrait :

"La campagne accomplie pour faire payer par l'Allemagne les dépenses de guerre nous semble avoir été un des actes les plus graves de folie politique dont nos hommes d'État aient jamais été responsables. C'est vers un avenir bien différent que l'Europe aurait pu se tourner si M. Lloyd George et M. Wilson avaient compris que les plus importants problèmes qui devaient les occuper n'étaient ni politiques ni territoriaux, mais financiers et économiques, et que les dangers qui menaçaient n'étaient pas dans des questions de frontières et de souveraineté mais de ravitaillement, de charbon et de transports. (…)

L’examen scientifique des capacités paiement de l’Allemagne fut écarté dès le début (…) La position financière de la France et de l’Italie était si mauvaise qu’il était impossible de faire entendre raison à ces pays au sujet de l’indemnité allemande, à moins de leur indiquer en même temps quelque autre moyen d’échapper  à leur embarras. A notre avis, les représentants des Etats-Unis eurent grand tort de n’avoir nulle proposition constructive à offrir à une Europe souffrante et bouleversée.

Il faut noter en passant un autre élément de la situation, l’opposition qui existait entre la politique « d’écrasement » de M. Clemenceau et les difficultés financières de M. Klotz [ministre français des finances, auteur de la fameuse phrase : « l’Allemagne paiera »]. Le but de M. Clemenceau était d’affaiblir et de détruire l’Allemagne par tous les moyens possibles, et nous imaginons qu’il a toujours été quelque peu dédaigneux au sujet de l’indemnité, car il n’était pas dans ses intentions de laisser à l’Allemagne  le moyen de manifester une grande activité commerciale. Mais il ne se donnait pas la peine de comprendre quelque chose, soit à l’indemnité, soit aux difficultés financières écrasantes de ce pauvre M. Klotz .Si cela amusait les financiers d’introduire dans le traité de vastes réclamations, eh bien il n’y avait pas de mal à cela, mais la satisfaction de ces exigences ne devait pas pouvoir faire obstacle aux exigences essentielles d’une « paix carthaginoise."