Home

 

 

Juillet 1815 : le souper d'Arnouville

Comment sortir de la Révolution

Présents au château d'Arnouville en juillet 1815

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sources écrites sur le séjour à Arnouville

Cliquer ici

Résultat de recherche d'images pour "baron de vitrolles mémoires"

La Charte de 1814 : pas de retour au passé !

Voir les extraits

Baron de Vitrolles, agent royaliste manipulé par Fouché

Mme de Chateaubriand, aide - mémorialiste

Chateaubriand, ministre du roi et mémorialiste égocentrique

Pozzo di Borgo, Corse fâché à mort avec Napoléon,

ambassadeur du Tsar

Résultat de recherche d'images pour "pozzo di borgo 1815"

Talleyrand, ministre du roi,

négociateur pour la France au congrès de Vienne

Arthur Wellesley, duc de Wellington, vainqueur de Waterloo

Charles -Ferdinand, fils de Charles d'Artois

duc de Berry

Résultat de recherche d'images pour "duc de berry 1815"

Charles d'Artois, frère du roi,

futur Charles X

Louis XVIII,

roi de France et de Navarre

 

18 juin 1815 : la défaite de Napoléon à Waterloo met fin à l’aventure des « Cent Jours ». Louis XVIII, qui s’était réfugié à Gand, retourne vers Paris en même temps que les armées alliées. Au début de juillet 1815 il fait une halte de plusieurs jours au château d’Arnouville avec sa petite cour. C’est que son entrée dans Paris et son retour sur le trône n’ont rien de garanti. 

Fouché, qui contrôle Paris où il a installé un gouvernement provisoire, veut négocier. On avance d’autres solutions que le retour de Louis XVIII : un autre roi ? ou le fils de Napoléon ? ou, pourquoi pas, la république ? Et que veulent les Alliés après leur victoire ?

Chacun a vu dans « Le Souper », la pièce ou le film, le duel entre Talleyrand, qui veut le retour de louis XVIII, et Fouché, qui dit pencher pour la république. Le talent de l’auteur et des acteurs rend tout cela plaisant et intéressant … mais le souper en question n’a jamais eu lieu.

Un autre souper bien réel, a rassemblé le 5 juillet 1815, au château d’Arnouville, une liste impressionnante de convives : Louis XVIII, son frère le futur Charles X, son neveu le duc de Berry, le duc de Wellington, Talleyrand, Chateaubriand, son épouse et quelques autres. Fouché n’était pas là, mais il avait délégué le baron de Vitrolles, un agent royaliste qu’il manipulait.

Au menu, quelques questions essentielles. Quel régime pour la France ? Quelle place pour la France en Europe ? En un mot : comment sortir de la Révolution ?

 

Quel régime pour la France ?

Au delà des problèmes de personnes, la vraie question est : que veut-on faire de l'héritage de la Révolution ? Veut-on le conserver ou prétend-on restaurer la situation d'avant 1789 ? Louis XVIII, réaliste, a compris que la roue de l'Histoire ne tournait jamais en arrière. Par la Charte de 1814 il a voulu rassurer les Français : sur le fond, rien ne sera changé. Mais autour de lui, ceux qu'on appellera bientôt les "ultra-royalistes", groupés autour de Charles d'Anjou, frère du roi, prétendent effacer la Révolution. Leurs maladresses ont favorisé le retour du Napoléon en mars 1815.

Après Waterloo le même débat ressurgit : la première restauration a-t-elle échoué parce qu'on a fait trop de concessions aux idées nouvelles ? ou pas assez ? Pour réaffirmer nettement le caractère libéral de la monarchie, il y a Talleyrand, Wellington, et Pozzo di Borgo, ambassadeur du tsar. Ils sont favorables à l'entrée au gouvernement de Fouché, symbole de la Révolution qui autrefois vota la mort de Louis XVI. Par contre ils sont très réservés sur le retour de la cocarde tricolore, trop liée au retour de Napoléon.

Les nostalgiques du passé sont regroupés autour de Charles d'Artois, frère du roi, et de son fils le duc de Berry. Le génie de Fouché a été de les rallier à sa cause en leur faisant croire que, contrôlant ce qui reste de Jacobins à Paris, il était le seul à pouvoir garantir le retour du roi dans sa capitale. Il en a d'abord convaincu Vitrolles, qui était en prison, puis a organisé son exfiltration vers Arnouville.

Quant à Chateaubriand, ferme sur les principes qui permettent de faire de belles phrases, il est resté le seul à s'opposer à des compromis jugés honteux.

Les débats sont tranchés par la signature, au château d'Arnouville, d'un décret royal instituant un nouveau gouvernement avec Talleyrand aux affaires étrangères et Fouché à la police.