Angkor est l'un des sites archéologiques les plus fascinants du monde, par sa beauté, ses dimensions gigantesques, et aussi son mystère : pendant longtemps on a ignoré l'essentiel de son histoire. On proposera ici, non pas une présentation détaillée de chaque monument, mais une explication globale du site. Page 0

Le site frappe d'abord par ses dimensions : un rectangle  de 25 km sur 15 km, partiellement envahi par la forêt. Il rassemble des dizaines de temples en ruines. On y voit aussi la trace de gigantesques bassins rectangulaires. Page 1

Ces vestiges sont ceux d'une "cité hydraulique", vouée à la culture irriguée du riz, qui a été prospère entre le IX° et le XV° siècle. Elle a rassemblé de 500 à 700 000 habitants, peut être plus, ce qui en faisait la plus grande concentration urbaine du monde préindustriel. Il ne subsiste aujourd'hui qu'une toute petite partie de cette "cité hydraulique".  Page  2 et 3

On présentera d'abord ceux qui ont construit cette cité : le peuple khmer. Puis la mise en place, au cours des siècles, des différentes parties du site. Enfin on s'interrogera sur le déclin et la chute d'Angkor.  Page 4

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I le peuple khmer

 

1 Un des quatre grands peuples de la péninsule

 

Les Khmers sont l'un des quatre grands peuples qui ont fait l'histoire de la péninsule indochinoise, avec les Birmans, les Thaïs et les Viets.  Page 5

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2 Entre l'Inde et la Chine

 

Toute l'histoire de la péninsule qu'on nomme très justement "Indo-Chine" a été marquée par la double influence de l'Inde et de la Chine, deux géants qui ont chacun un modèle culturel à exporter. L'influence de la Chine a été prépondérante au Vietnam, celle  de l'Inde dans le reste de la péninsule, donc dans l'espace khmer. Pages 6, 7 et 8

 

 

 

Page 6, puis 7 et 8

 

 

3 Le Tchenla et sa postérité

 

On ignore beaucoup de choses de l'histoire du Cambodge, car la "science historique" telle que nous la connaissons en Occident depuis l'Antiquité est étrangère à la mentalité indienne : il n'existe aucune histoire écrite du Cambodge ancien. Page 9

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On sait cependant que le plus lointain ancêtre des Khmers, le royaume du Tchenla, apparaît au

V° siècle après JC.  Page 10

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Il reçoit de l'Inde un alphabet, les techniques complexes de riziculture irriguée, et une conception de l'univers et du pouvoir politique.  Cette conception explique l'architecture du temple khmer : "temple - montagne", qui est le mausolée du "dieu-roi".  Pages 11 à 15

 

 

 

Page 11, puis 12 à 15

 

Mais en s'appuyant sur cet héritage indien, les Khmers ont réalisé à partir du IX° siècle une construction tout à fait originale. Ils captent de façon ingénieuse les eaux qui ruissellent sur le plateau cambodgien, et la stockent dans d'immenses réservoirs. Cette eau permet deux, puis trois récoltes de riz par an. Elle est la base même de la puissance d'Angkor. Pages 16 à 20

Page 16, puis 17 à 20

 

 

 

 

II les étapes de la construction du puzzle

 

 

 

1 Le modèle : Roluos (fin du IX° siècle)

 

A la fin du IX° siècle, le roi Indravarman I° construit la cité connue aujourd'hui sous le nom de "groupe de Roluos", au sud-est du site. Page21

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Cet ensemble parfaitement cohérent correspond à une triple logique :

- Une logique technique : stocker l'eau pour permettre la riziculture irriguée avec le maximum d'efficacité.

- Une logique religieuse : la ville est une représentation en miniature de l'Univers et de son harmonie selon les critères de la pensée indienne.

- Une logique politique : au centre est placé le temple du dieu - roi, celui qui sert d'intermédiaire entre le monde des dieux et le monde des hommes.  Page 22

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2 L'extension (fin du IX° - fin du XI° siècles)

 

La cité construite à Roluos ne peut pas être étendue, car les réservoirs d'eau ne seraient pas suffisants. Par contre elle peut être reproduite plus loin, et en plus grand. Page 23

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Dès la fin IX° - début X° siècle une nouvelle ville est construite une vingtaine de kilomètres au nord ouest de Roluos. Elle peut capter les eaux de la rivière Siem Reap. Elle peut aussi utiliser une colline, le Phnom Bakeng, pour construire un nouveau temple - montagne. Page 24

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L'expansion est continue jusqu'à la fin du XI° siècle, qui voit la construction du plus grand des réservoirs, le baray occidental. La cité hydraulique tourne alors à plein rendement - Page 25 -

Elle est le centre d'un empire qui dépasse largement les limites du Cambodge actuel.

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3 L'apothéose classique (première moitié du XII° siècle)

 

Dans la première moitié du XII° siècle le roi Suryavarman II étend les limites de l'empire - Page 27

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Il réalise le chef d'oeuvre de l'architecture khmer : le temple d'Angkor Vat. Page 28

 

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Mais, arrivée à son apogée, la cité hydraulique rencontre déjà de sérieuses difficultés. L'eau manque pour construire de nouveaux réservoirs (barays). Le système d'irrigation commence à s'envaser, malgré un énorme travail d'entretien.  Page 29

 

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4 L'effervescence baroque(fin XII° - début XIII° siècles)

 

En 1177 la prise et le pillage d'Angkor par les Chams révèle la fragilité de la ville. Page 30

 

 

 

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Pourtant le désastre produit d'abord une vigoureuse réaction nationale. Le roi Jayavarman VII rétablit la puissance khmère, et construit une nouvelle ville, Angkor Thom, avec en son centre le temple du Bayon, au style exubérant, avec ses tours aux quatre visages.

Pages31 et 32

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Jayavarman VII est le plus grand roi constructeur d'Angkor. Sur le site actuel, un tiers des édifices date de son règne. Par contre le système d'irrigation est à peine étendu : les ressources en eau ne le permettent plus, la cité hydraulique a atteint ses limites. Page 33

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III Le déclin et l'abandon

 

 

1 Les malheurs de la guerre

 

Les quatre peuples qui ont fait l'histoire de la péninsule (Birmans, Thaïs, Khmers et Viets) se sont toujours affronté, dans des conflits terribles parfois devenus guerres d'extermination.  Dans ces conflits, le recul des khmers est constant à partir du XIII° -XIV° siècle, face à la poussée de deux adversaires de plus en plus puissants : les Viets à l'Est et les Thaïs à l'Ouest. En 1431, face à la poussée thaïe, les Khmers finissent par abandonner Angkor et transférer leur capitale à Phnom Penh. Page 34 à 36

Page 34, puis 35 et 36

 

 

2 La décadence technique de la cité hydraulique

 

Le système d'irrigation angkorien était très efficace, mais également fragile. Au fil des siècles, son envasement était inévitable. Lorsqu'il n'y a plus eu assez d'eau pour construire de nouveaux barays, la cité hydraulique s'est trouvée dans une impasse. Page 37

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La chronologie de la construction des barays montre bien cette impasse. Ils sont de plus en plus grands du IX° au XI° siècle, puis de moins en moins grands, ou inefficaces. La cité hydraulique est alors prise dans une spirale du déclin, qui aboutit à son abandon en 1431. Page 38  

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3 Destin du Cambodge après Angkor

 

Après le transfert de la capitale à Phnom Penh, le centre de gravité du Cambodge bascule vers le sud - est et le Mékong. Aujourd'hui encore les plus fortes densités de population sont dans cette région. Angkor abandonné est dévoré par la forêt.

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Privé de la base de sa puissance ("l'usine à riz" d'Angkor), le Cambodge est de plus en plus faible face à la pression de ses voisins Viets et Thaïs. La colonisation française arrête son recul, en fixant ses frontières actuelles. Page 40

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Mais le Cambodge au XX° siècle est toujours marqué par son passé. La rivalité avec ses deux voisins ressurgit de façon violente. Les Khmers rouges au pouvoir (1975-79) ont sans doute trouvé dans le passé grandiose d'Angkor une justification de leur politique.  Page 41

 

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Angkor

Une introduction au voyage

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