Les cinq défauts de la Chine

 

...« il leur manque le principal qui est la connaissance de Dieu et de sa sainte religion. C'est pourquoi l'ordre et la prudence qu'ils gardent dans leur manière de gouverner ne suffisent pas pour empêcher beaucoup de désordres très graves. Ce sont :

1) les nombreuses injustices et tyrannies que commettent les mandarins (...)

2) la défiance pour la carrière des armes, qui entraîne la couardise (...)

3) l'éloignement pour tout ce qui est étranger, qui fait que la populace est, de ce point de vue, la fin du monde (...)

4) le pullulement des brigands et des pirates, bien que les escadres surveillant les côtes puissent faire encore plus de mai qu'eux (...)

5) Des vices énormes, comme celui contre nature(*) ou les excès de gourmandise, au point qu'étant si bien doués pour la prudence et la discrétion dans le gouvernement, ils sont si grossiers et aveugles par rapport à la connaissance de Dieu, le bien de leurs âmes et les choses de l'autre monde... ».

 

(*) : "des vices énormes comme celui de contre nature" : l'homosexualité.

 

Lettre de Matteo Ricci en 1582

 

 

Les sept qualités de la Chine

 

1) C'est l'état le plus vaste qui soit soumis à un seul roi...

2) C'est la nation la plus peuplée (...) avec plus de 60 millions d'habitants payant l'impôt (...)

3) II n'y a pas de royaume plus fertile et mieux approvisionné. Bien que les Chinois soient plus gros mangeurs que les Européens, il y a de quoi les satisfaire tous (...) à très bon marché (...)

4) La richesse publique n'est égalée par celle d'aucun autre royaume : les mines d'argent et d'or sont en abondance (...) les revenus de l'empereur sont plus grands pour lui seul que pour tous les rois et seigneurs d'Europe, et peut-être d'Afrique réunis(...)

5)Aucune région ne semble l'égaler pour la fraîcheur et la paix, à tel point qu'on dirait une chose peinte plutôt qu'un produit de la nature(...)

6)Les habitants sont les plus industrieux du monde, même les aveugles et les boiteux gagnent leur vie, aussi voit-on peu de mendiants (...)

7) C'est parmi les pays découverts le plus pacifique et le mieux gouverné ... ».

 

Matteo Ricci (1552 - 1610)

 

Le jésuite Matteo Ricci fut l'un des premiers Occidentaux à séjourner durablement en Chine (27 ans), et à acquérir une connaissance réelle de la langue et de la culture chinoise.

La cour impériale de Pékin le reçoit fort bien, parce qu'elle admire ses connaissances en mathématiques, en astronomie, en cartographie.

 

Grand admirateur de la Chine, Matteo Ricci conserve un regard d'Occidental : s'il a consacré sa vie à la Chine, c'est pour l'amener à la Foi chrétienne. La lettre ci-contre, datée de 1582, illustre bien ce regard ambigu. 

 

Le projet de christianisation de la Chine a presque totalement échoué. Mais les Chinois ne gardent pas rancune au jésuite d'avoir voulu les faire changer de culture : Matteo Ricci est enterré à Pékin, sa mémoire et sa tombe sont  toujours honorées. 

 

 

 

Tombeau de Matteo Ricci à Pékin

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