L’Allemagne : sa place en Europe et dans le monde

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

L’Allemagne occupe en Europe une place centrale, essentielle, problématique. Page 1

 

-Centrale : aucun pays n’est davantage au cœur de l’Europe, entre l’Est et l’Ouest. C’était particulièrement vrai dans la Guerre froide, cela le reste aujourd’hui.

Berlin est à 60 km de la frontière polonaise.

Berlin est plus proche de Moscou (1600 km) que de Madrid (1800 km).

 

-Essentielle : largement la première puissance économique d’Europe, encore plus largement la première puissance industrielle, la seule qui soit réputée en bonne santé, et la seule  à détenir les cordons de la bourse.

 

 

-Problématique : l’Allemagne n’est pas une puissance comme les autres. L’expression de sa puissance est entravée parce que, à deux reprises (les deux guerres mondiales), elle a précipité l’Europe et le monde dans la catastrophe, la deuxième fois en ayant fait le choix d’une politique criminelle.

 

Cette configuration est le résultat d’une longue évolution ....

... si longue que nous devrons remonter jusqu'à la chute de l'Empire romain. Mais pour éviter de nous perdre dans ce parcours historique, nous allons, en préambule, indiquer l'essentiel de ce que nous voulons dire sur l'Allemagne, et qui ne se comprend qu'à la lumière de l'histoire :

Les Allemands forment un grand peuple, ayant toutes les qualités pour occuper une place éminente parmi les autres peuples européens. Mais l'expression de la puissance allemande a été longtemps freinée, retardée, parce qu'il n'y avait pas d'état allemand : il n'est créé qu'en 1871.

Lorsque la puissance allemande peut enfin se réaliser, à la fin du XIX° siècle, elle le fait avec une telle force qu'elle devient vite inquiétante pour ses voisins. Cette surpuissance a été parfaitement gérée et maîtrisée par Bismarck. Mais après lui, elle part à la dérive, et conduit aux grandes catastrophes du XX° siècle : 1914 avec Guillaume II, 1939 avec Hitler. Dans le deuxième cas, la dérive va très loin, puisqu'elle est même criminelle et suicidaire.

Après 1945, dans le cadre de la Guerre froide, le problème semble réglé puisque l'Allemagne est privée de toute puissance politique. Ce n'était qu'expédient provisoire. 1990, la réunification allemande, l'effondrement soviétique, posent de nouveau la question : quelle place en Europe pour une Allemagne incontestablement plus forte que ses voisins ?      

 

 

 

I-Jusqu’au XIX° siècle : l’espace allemand est morcelé. Il n’y a pas d’état allemand. Y a-t-il seulement une nation allemande ?   Page 2

 

Carte de l’Europe en 1789, net contraste entre :

-          A l’ouest les monarchies nationales (Portugal, Espagne, Angleterre, France),

-          Au centre et à l’est les empires multinationaux (Autriche, Russie)

-          L’Allemagne morcelée en plus de 300 états indépendants.

 

1)Pourquoi cette division ?   Pages 3 à 5

 

Résultat de la recomposition politique et territoriale de l’Europe après la dislocation de l’Empire romain.

Dislocation de l’empire romain : IV° - V° siècles. Les peuples germaniques y ont pris une part essentielle.

Après plusieurs siècles compliqués, l’aboutissement est la féodalité, c'est-à-dire un morcellement  extrême et une quasi privatisation du pouvoir politique. Le vrai pouvoir s’exerce dans une unité très restreinte : la seigneurie.

Bien entendu vont se mettre en construction des unités politiques plus vastes, parce qu’elles correspondent à la fois à des besoins objectifs et aux ambitions des princes (on ne parlera pas encore de nations, ça n’existe pas). 

 

MAIS deux types de constructions totalement différentes vont s’amorcer :

 

-          1°) : Les monarchies nationales, déjà citées : France, Espagne, Portugal, Angleterre. Il s’agit moins de rassembler  des nations, qui n’existent pas encore vraiment, que de les construire, en soumettant des populations à l’autorité d’un seul état dont la légitimité s’affirme comme nationale.

-          2°) : L’Empire, autorité universelle, comme celle de l’Empire romain, dont la nostalgie n’a jamais disparu. En 962 Otton I° est couronné par le Pape « empereur des Romains ». Mais son autorité est essentiellement centrée sur l’espace germanique. L’ambiguïté apparaît à travers le titre qui s’impose au XV° siècle : « Saint Empire romain germanique ». 

 

En gros on peut dire que :

 

1°) : La construction des monarchies nationales a été un succès, elle a conduit aux états actuels.

 

2°) : La construction de l’Empire a été un échec, l’autorité de l’empereur ne s’est jamais étendue à l’ensemble  de son « empire », elle s’est limitée aux territoires qu’il possédait personnellement.

 

Pourquoi cet échec ?  Page 6

Plusieurs raisons :

 

En gros, on peut dire que la poursuite de la chimère impériale a empêché pendant des siècles la construction d’un état allemand.

 

 

2°)Cette absence d’Etat n’empêche pas la « nation allemande » d’exister, mais sous une forme différente de la forme française.      Pages 7 à 9

 

a) Il n’y a pas d’adhésion à un projet commun, à des valeurs politiques communes, mais un sentiment d’appartenance à une communauté autour d’une langue (dans ses différentes variantes régionales) et d’une culture.

 

L’espace allemand (compris ici comme l’ensemble des peuples de langue allemande) produit une très haute culture dans tous les domaines : théologie (Luther), peinture (Dürer, Holbein), littérature (Goethe, Schiller), philosophie (Leibniz, Kant, Fichte, Hegel…), et bien sûr musique (Bach, Mozart, Haydn, Beethoven…).   Page 10

 

b) Cette nation existe aussi à travers sa vitalité, son expansion : en particulier le Drang Nach Osten, poussée des populations allemandes vers l’est à partir du XIII° siècle, au détriment des populations slaves.   Page 11

 

c) L’Allemagne cultivée vit dans la fascination de la France et de sa culture, sensées symboliser le Progrès - Page 12  :

-Les « élites » parlent français (mais c’est le cas dans toute l’Europe) : Frédéric II  et Voltaire, Bismarck qui parle couramment le français…

-Fascination diverses : de Kant pour la France - de Hegel pour Napoléon – Goethe à Valmy : « De ce jour et de ce lieu  date une nouvelle époque de l’histoire du monde » - Beethoven dédiant la symphonie héroïque à Bonaparte …

-La Révolution française à son début est bien accueillie en Allemagne. 

 

 

 

3°) Dans cet espace  morcelé émergent progressivement deux acteurs politiques majeurs : la Maison de Habsbourg et la Prusse.           Page 13

 

Jusqu'au XIX° siècle l'espace allemand est morcelé en états multiples, donc faibles. Mais progressivement vont émerger dans cet espace deux véritables puissances :

 

-L'Autriche, ou plutôt la Maison de Habsbourg.  Page 14 à 16 

 En effet cette puissance n'a rien de "nationale", elle est plutôt "familiale", c'est celle de la dynastie de Habsbourg. Cette famille princière n'est même pas originaire d'Autriche, mais de Suisse, où elle est attestée au X° siècle. Par mariages et alliances, elle étend ensuite son pouvoir vers l'Alsace et vers l'Autriche actuelle. Surtout, un prince Habsbourg, Rodolphe, est élu empereur en 1273. Les Habsbourg perdent en 1315 les cantons suisses révoltés. Mais à partir du XV° siècle ils occupent en permanence le trône impérial. 

La puissance des Habsbourg est immense, mais elle repose moins sur le trône impérial que sur leurs possessions personnelles. Or une grande partie de ces possessions n'a rien d'allemand, et n'est même pas dans l'empire (la Hongrie, les Balkans...). On ne peut sans anachronisme l'assimiler à une puissance "allemande". Mais elle va bien sûr jouer un grand rôle dans tous les conflits qui déchirent l'Allemagne.  

 

-La Prusse, puissance apparue plus tardivement. Page 17 

Son origine est double :

- D'une part l'électorat de Brandebourg, avec Berlin pour capitale;

- D'autre part à l'Est le duché de Prusse, conquis sur les Slaves par les Chevaliers teutoniques aux XIII° - XIV° siècles.  Les deux sont rattachés par héritage en 1618. Aux XVII° - XVIII° siècles, plusieurs grands princes de la dynastie des Hohenzollern vont faire de la Prusse une véritable puissance européenne.  Parmi eux Frédéric I°, le premier à être couronné roi de Prusse, le 18 mai 1701 à Königsberg. Et Frédéric II, le "Grand Frédéric", vainqueur de la Guerre de Sept Ans (1756-1763).

 

A partir du XVIII° siècle, la rivalité entre la Prusse et l'Autriche est un fait marquant de l'histoire allemande. Page 18

 

 

4°) L’espace allemand divisé est l’enjeu des rivalités internationales

 

Meilleur exemple : la Guerre de Trente Ans (1618 – 1648). Page 19

A l'origine le conflit est religieux. l'Empereur Ferdinand II, catholique convaincu, lutte contre les princes protestants. Mais derrière le conflit religieux un autre enjeu se dessine, et il est immense : le renforcement du pouvoir impérial, et, peut-être, la transformation du Saint Empire en véritable état.  Page 20

Deux royaumes protestants interviennent successivement dans la guerre : le Danemark (1625-1629), puis la Suède (1630-1635). Les deux sont successivement vaincus par les forces impériales. Page 21

La France de Louis XIII et Richelieu intervient alors aux côtés des protestants (1635-1648). Les succès français de Condé et Turenne aboutissent aux traités de Westphalie (1648), qui consacrent la défaite de l'Empire. Page 22

La liberté religieuse est maintenue en Allemagne. La France et la Suède sont garantes des "libertés germaniques", c'est à dire de l'impuissance des institutions impériales. 

Pages 23 à 25

 

L'Allemagne reste un terrain d'intervention des puissances, et en particulier de la France, sous les règnes des Louis XIV et Louis XV : Page 26

-1674, puis 1689 : sac du Palatinat par les armées de Louis XIV. L'évènement fait scandale et contribue à la naissance d'un sentiment antifrançais.

-Dans la Guerre de succession d'Espagne (1701-1714), Louis XIV est en guerre contre l'empire et la plupart des princes allemands, mais allié à la Bavière et à l'électorat de Cologne.

-Dans la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), Louis XV est allié à la Bavière contre l'Empereur.

-Dans la Guerre de Sept Ans (1756-1763), Louis XV est allié à l'Empereur contre la Prusse. (1757 : victoire de Frédéric II à Rossbach sur une armée franco-impériale).  Page 27

 

 

 

 

 

 

II- L'Allemagne unifiée en 1871 :

les dangers de la surpuissance

 

 

Jusqu'au XIX° siècle, on peut dire que l'Allemagne est trop faible. Cette faiblesse attire les interventions étrangères; elle favorise la guerre en Europe. 

MAIS dès le XIX° siècle l'unification de l'Allemagne pose d'emblée le problème de sa surpuissance.

 

1°) Plusieurs facteurs font de cette Allemagne désormais unifiée une "surpuissance dangereuse" Page 28

 

 

        * La façon dont l'unité s'est réalisée : "par le fer et par le sang".

 

-L'unification par des voies démocratiques et populaires a échoué, à deux reprises :

 

-Sous la Révolution française et l'Empire napoléonien (1789-1815). Page 29 et 30

Le "principe des nationalités" est étroitement lié aux idées de la Révolution française : si les peuples ont le droit de choisir leur gouvernement, ils ont aussi le droit de se donner un état. L'aspiration à la liberté et à l'unification nationale favorise en Allemagne un fort courant de sympathie pour la Révolution française.

Mais avec Napoléon, c'est la domination française qui triomphe, non la liberté. Les écrasantes défaites de l'Autriche (Ulm et Austerlitz, 1805) et de la Prusse (Iéna, 1806) font sentir le besoin d'un renouveau, cette fois contre la France. Après la retraite de Russie, la guerre de 1813 prend l'aspect d'un véritable soulèvement populaire allemand pour l'indépendance et la liberté.

Napoléon vaincu, la carte de l'Europe est refaite au congrès de Vienne (1815).  Page 31

Mais les puissances victorieuses font reposer la nouvelle stabilité sur le droit des princes, non sur celui des peuples. L'Allemagne reste morcelée, des régimes autoritaires sont rétablis partout. La nation allemande s'agite contre ce retour en arrière.   Page 32

 

-A travers la révolution de 1848-49. Pages 33 à 35

La révolution commencée à Paris en février 1848 se propage à travers toutes l'Europe, avec des revendications à la fois libérales et nationales. En Allemagne un parlement révolutionnaire se réunit à Francfort. Il rêve d'unifier l'Allemagne dans une monarchie libérale, dont il offre la couronne au roi de Prusse Frédéric Guillaume.

La révolution est un échec total.  Page 36

Le roi de Prusse ne veut pas d'une couronne donnée par la révolution. L'Autriche ne veut pas d'une unification autour de la Prusse.

 

-Pourtant l'unification avait déjà avancé de façon pacifique à travers une union douanière, le Zollverein. Créée en 1834, cette union douanière rassemble autour de la Prusse la majorité des états allemands, sans l'Autriche. On voit se dessiner ce qui sera finalement le moyen de l'unification allemande : l'éviction de l'Autriche. Mais le Zollverein est l'œuvre de l'habileté des diplomates prussiens, ce n'est pas le résultat d'un mouvement populaire.    Page 37

 

 

-L'unité "par le bas" ayant échoué, elle se fera par le haut et par la force.

 

L'unité est l'œuvre de Bismarck, ministre-président de Prusse depuis 1862, politique et diplomate de génie. Son objectif est clair : l'unité de l'Allemagne autour et sous la direction de la Prusse, en évinçant l'Autriche.  Ses moyens sont empiriques. Profondément conservateur, il est prêt au compromis avec les libéraux si c'est nécessaire. Il n'hésite pas devant la guerre, mais ne se laisse jamais emporter par le vertige des victoires. Il assume le recours à la violence : "Les grandes questions de notre temps ne seront tranchées ni par des discours ni par des votes à la majorité - cela a été l'erreur de 1848 et 1849 - mais par le fer et par le sang".

 

L'unité se fait par la guerre, trois guerres délibérément provoquées par Bismarck :

 

1864 : Guerre des duchés, contre le petit Danemark. Annexion du Schleswig à la Prusse.

Page 38

 

1866 : Guerre contre l'Autriche. L'Autriche vaincue ne perd aucun territoire, mais doit abandonner tout rôle en Allemagne. Tout le nord de l'Allemagne est regroupé autour de la Prusse.

Page 39

 

1870-71 : Guerre contre la France, qui permet de rassembler l'Allemagne du Nord et du Sud, plus l'Alsace-Lorraine.  L'Empire allemand est proclamé à Versailles le 18 janvier 1871 (jour anniversaire du couronnement du premier roi de Prusse en 1701).

 

Contrairement à ce qui s'est fait pour l'unité italienne, aucun plébiscite n'accompagne le processus d'unification. Le succès a désarmé toutes les critiques, et rassemblé tous les partis, y compris les libéraux, autour de Bismarck. La caste militaire jouit d'un prestige immense.

Pages 40 et 41

 

 

   * C'est aussi la force objective de cette nouvelle Allemagne qui lui donne une surpuissance dangereuse :

Page 42

 

- Sa situation géopolitique au cœur de l'Europe est exceptionnelle.

 

-Sa croissance économique est extraordinaire : l'Allemagne devient vite la première puissance industrielle d'Europe, la plus dynamique et la plus moderne.

 

-Sa force militaire a été largement démontrée : victoire sur l'Autriche et sur la France.  

 

 

 

2°) La surpuissance maîtrisée : Bismarck et la Realpolitik.

 

L'unification réalisée, Bismarck désormais chancelier du Reich dirige la politique allemande jusqu'en 1890. Bien que l'empereur Guillaume I° ne l'aime guère et s'en méfie, il lui garde jusqu'au bout sa confiance (Guillaume I° meurt en 1888 à 91 ans).

Page 43

 

Bismarck a parfaitement compris que la puissance de la nouvelle Allemagne ne pouvait qu'inquiéter l'Europe, et risquait se susciter des coalitions dont la force serait redoutable. Profondément réaliste, imperméable à tout rêve idéologique, Bismarck n'a jamais envisagé une hégémonie allemande sur l'Europe : il faudrait pour cela abattre trop d'adversaires, trop puissants. On doit donc rassurer l'Europe, et éviter à tout prix "le cauchemar des coalitions" (dixit Bismarck, en français...). Sa politique est une politique de paix : l'Allemagne, "rassasiée de conquêtes", n'a plus aucune revendication; seule la France, revancharde et belliqueuse, veut la guerre; l'Allemagne doit conclure des alliances avec toutes les grandes puissances, sauf la France.

On appelle cela le "système bismarckien", compliqué, fragile, mais qui fonctionne à peu près jusqu'à la fin des années 1880. 

 

Il faut donc rendre justice à Bismarck d'avoir été l'un des très rares conquérants, peut être le seul, à fixer lui-même un terme à sa puissance.

Pages 44 et 45

 

 

 

3°) La surpuissance à la dérive : Guillaume II et la Weltpolitik.

Pages 46 et 47

 

1888 est pour l'Allemagne "l'année des trois empereurs". Guillaume I° meurt le 9 mars. Son fils, Frédéric III, était de conviction libérale. Mais, atteint d'un cancer du larynx, il se sait condamné et ne prend aucune initiative. Il meurt le 15 juin après 99 jours de règne, laissant la place à son fils Guillaume. 

 

Guillaume II monte sur le trône en 1888 à 29 ans, succédant à un empereur de 91 ans, et héritant d'un chancelier de 73 ans. C'est toute la fougue de la jeunesse qui prend la tête d'une Allemagne en croissance explosive ... mais sans le contrepoids d'une intelligence politique que Guillaume II n' a pas. Certes intelligent, il est aussi vaniteux et instable, et sans la hauteur de vue d'un Bismarck. Il n'a pas compris la nécessaire limitation de la puissance allemande, et va plonger son pays dans ce que Bismarck redoutait par dessus tout : le "cauchemar des coalitions". 

 

1890 : Guillaume II congédie Bismarck. Les nouveaux chanceliers ne seront plus que des exécutants du Kaiser.

 

 

La Weltpolitik s'affirme dans plusieurs directions :

Page 48

 

-Construction d'un empire colonial (Bismarck y était résolument hostile ... tout en encourageant les revendications coloniales de la France pour la détourner de l'Alsace-Lorraine). Egalement participation au partage de la Chine en zones d'influence.

 

-Développement de la flotte et percement du canal de Kiel entre la Baltique et la Mer du Nord (inauguré en 1895). "Notre avenir est sur l'eau", aurait dit Guillaume II (... phrase que tout le monde cite sans jamais donner de référence, et l'on peut se demander si elle a vraiment été prononcée ...).

 

-Alliance avec l'Empire ottoman et politique de "protection" du monde musulman contre les impérialismes anglais et français (1898 : visite de Guillaume II à Jérusalem - 1905 : visite de Guillaume II à Tanger).

 

 

Guillaume II n'est pas le seul promoteur de cette politique. Il s'appuie sur un courant nationaliste influent. Le pangermanisme (la Ligue pangermaniste est fondée en 1891) milite pour le rassemblement de tous les germanophones en un seul état. Elle évolue à la fin du siècle vers le racisme et l'antisémitisme. Ses thèses sont très minoritaires, et Guillaume II n'y a jamais adhéré, mais elle est révélatrice de l'évolution d'un climat culturel et politique.  

 

L'Allemagne ayant désormais des revendications, le "système bismarckien" (c'est à  dire l'alliance de Berlin avec tout le monde sauf avec la France) devient évidemment impossible. Le diplomate anglais Sir Eyre Crowe résume fort bien le problème : " La concentration de la plus grande force militaire et de la plus grande force navale dans un seul et même Etat obligerait le monde à s'allier pour combattre un tel cauchemar".

Page 49

 

En quelques années (1892 : première convention franco-russe - 1904 : entente cordiale franco-britannique - 1907 : convention anglo-russe) se met en place un double système d'alliance extrêmement dangereux :

 

*D'un côté l'alliance de ceux qui craignent les ambitions allemandes : France, Russie, Angleterre, c'est la Triple Entente.

 

*De l'autre la Triple Alliance de l'Allemagne avec l'Autriche-Hongrie et l'Italie, alliance bancale (l'Autriche n'est pas assez forte, l'Italie pas assez motivée) qui cache mal l'isolement dans lequel une ambition mal maîtrisée a plongé l'Allemagne.  

 

L'existence même du plan Schlieffen (plan de guerre sur deux fronts) est révélatrice de l'évolution allemande : la guerre sur deux fronts n'est plus le cauchemar qu'il faut éviter à n'importe quel prix, mais une éventualité à laquelle on doit se préparer.

Page 50

 

Dans la crise de l'été 1914 la responsabilité de Guillaume II est écrasante. En soutenant à fond l'Autriche, il fait monter les enjeux, et ne peut résister à la tentation de jouer sa dernière carte : le plan Schlieffen. Et c'est la déclaration de guerre à la Russie le 1° août, à la France le 3 août 1914. 

Page 51

 

Pendant la guerre, et tant que l'on croit la victoire possible, les plans de paix indiquent clairement une volonté hégémonique.

Page 52

 

En 1918, la défaite laisse l'Allemagne épuisée, amère (jusqu'à l'été 1918 on a voulu croire à la victoire) et amputée (perte de l'Alsace-Lorraine, des duchés danois, du corridor de Danzig).

Pages 53 et 54

 

 

4°) La surpuissance délirante et criminelle : le nazisme.

 

Après 1918 l'Allemagne pouvait-elle rétablir des relations normales avec ses voisins ? Elle l'a du moins tenté, à l'époque de Gustav Stresemann, ministre des affaires étrangères de 1923 à 1929, prix Nobel de la paix en 1926, conjointement avec Aristide Briand. Mais Stresemann meurt en octobre 1929, et (ironie de l'histoire !) la bourse de Wall Street s'écroule quelques jours plus tard, entrainant une catastrophe économique qui va balayer l'Allemagne. 

Page 55

 

C'est désormais le refus du réel qui l'emporte dans la nation allemande, et va la jeter dans les bras du nazisme. On peut parler de refus du réel à trois niveaux :

 

*Refus d'admettre ce que la défaite de 1918 avait de logique. En pratiquant une politique hégémonique, l'Allemagne avait provoqué la formation d'une  coalition dont les forces étaient très supérieures aux siennes. Mais si la défaite n'est pas "normale", alors c'est qu'il y a eu trahison (le "coup de poignard dans le dos"), et il faut combattre et éliminer les "traîtres" (les républicains, les communistes, les juifs...).

 

*Adhésion à une vision mythologique et délirante de l'histoire, la vision raciste développée dans Mein Kampf. Penser que le moteur de l'histoire soit la lutte des "peuples supérieurs" contre les "peuples inférieurs", c'est une stupidité qui ne résiste pas à un examen de simple bon sens. Mais y croire, cela aide à refuser la défaite de 1918, cela permet de penser qu'il est possible de l'effacer.

 

*Refus de comprendre que, dès les années 1930, les problèmes ne se posaient plus à l'échelle européenne, mais à l'échelle mondiale. Le nazisme ne visait qu'à la domination de l'Europe continentale (et tout particulièrement de l'Europe de l'Est) et n'avait aucune vision à l'échelle de la planète. Ce qui est gênant pour un pays qui allait déclencher une guerre mondiale ... 

Page 56

 

La surpuissance allemande, rapidement reconstituée, se met au service d'une utopie criminelle et suicidaire.  

 

Tout le comportement du régime nazi est une négation du réel, parfois habile, toujours criminelle pour ce qui concerne les relations avec les peuples déclarés "inférieurs", mais finalement vaine.

 

*L'hégémonie allemande est impossible ?  Hitler répond par une sorte de "plan Schlieffen diplomatique" : vaincre ou écarter ses adversaires les uns après les autres, et jamais tous ensemble. Cela marche plutôt bien de 1935 à 1939, du rattachement de la Sarre au Pacte germano - soviétique. Mais dès 1940, malgré l'apparent triomphe contre la France, la machine se grippe : l'Angleterre continue la guerre, la perspective d'un conflit long et sur plusieurs fronts se dessine.   Dès lors Hitler se lance dans une fuite en avant (attaque en Lybie, puis dans les Balkans, puis contre l'URSS) ... jusqu'à la catastrophe finale.

Le régime nazi n'a aucune stratégie mondiale ... alors qu'il a déclenché une guerre mondiale. Sur ce point la comparaison des deux camps est éclairante. Dès l'entrée en guerre des Etats-Unis (décembre 1941), la "Grande Alliance" (Etats-Unis, Angleterre, URSS) coordonne ses plans et adopte une stratégie commune : d'abord vaincre l'Allemagne, puis se retourner  contre le Japon. Dans l'autre camp, Allemagne et Japon ont mené deux guerres parallèles sans jamais coordonner quoi que ce soit.

Page 57

et Complément : Hitler avait-il une stratégie mondiale ?

 

*Il existe des peuples inférieurs ? Il faut les réduire en esclavage. Des peuples nuisibles ? Il faut les éliminer. En matière de massacre, l'Europe en avait  déjà vu beaucoup.  Mais avec le génocide des Juifs et des Tsiganes, c'est de tout autre chose qu'il s'agit : la planification rationnelle de l'extermination d'un peuple par des méthodes industrielles. Le fonctionnement d'Auschwitz est celui d'une usine parfaitement efficace. 

Page 58

et Complément : Auschwitz, une usine à exterminer

 

*Enfin le comportement de l'Allemagne peut être considéré comme suicidaire. Rien ne le montre mieux que la fin de la guerre, récemment étudié par Ian Kershaw. En 1945 les plus importants dirigeants nazis se suicident. Mais d'une certaine façon c'est toute l'Allemagne qui se suicide, par une résistance acharnée jusqu'au printemps 1945, alors qu'il n'existe plus aucune perspective de victoire, ni même de paix de compromis.

Page 59

 

 

 

III-Une Allemagne "normale" ?

 

Lorsqu'on parle de l'Allemagne depuis 1945, il faut évidemment distinguer un avant et un après 1989.

 

1°) La RFA jusqu'en 1989 : sauver l'essentiel

 

 La Guerre froide ampute et sauve l'Allemagne

 

-1945 représente vraiment une rupture dans l'histoire de l'Allemagne dans la mesure où la défaite, totale, est cette fois acceptée, les rêves hégémoniques abandonnés. Le pays est ravagé et les pertes sont terribles. Il faut supporter la honte de la révélation du génocide.

 

-L'avenir s'annonce sombre.  L'Allemagne a signé le 8 mai 1945, non pas l'armistice, mais la capitulation sans conditions. Elle a perdu toute souveraineté au profit conjoint des quatre vainqueurs. Les Alliés ont accepté la demande de l'URSS : l'Allemagne perdra d'importants territoires à l'Est (sans que les nouvelles frontières soient précisées), et les Allemands en seront expulsés. Il n'y a évidemment aucune clémence à attendre des Soviétiques. Mais les Américains eux-mêmes envisagent (plan Morgenthau) de démembrer l'Allemagne et de la "pastoraliser", c'est à dire démanteler son industrie. Le France souhaite plus ou moins ouvertement annexer la Sarre.

 

-Mais très vite l'Allemagne est sauvée par la Guerre froide. Dans le cadre de la rivalité Est-Ouest, les deux moitiés de l'Allemagne deviennent,  pour chaque camp, un allié à protéger, et non plus un ennemi vaincu à surveiller. Les quatre zones d'occupation de 1945 deviennent deux en 1948 : Est et Ouest. Après l'échec du blocus soviétique contre Berlin - Ouest (1948-1949), deux états allemands sont proclamés :

-En septembre 1949, la République fédérale allemande à l'Ouest;

-En octobre 1949, la République démocratique allemande à l'Est.

 

-L'Allemagne formée de ces deux états a subi d'importantes amputations. A l'Est, les Soviétiques ont imposé unilatéralement la nouvelle frontière sur la ligne Oder-Neisse. 12 à 16 millions d'Allemands ont été expulsés. L'ancienne capitale, Berlin, est enclavée dans la RDA et reste occupée par les quatre vainqueurs.

Mais cette Allemagne amputée est désormais protégée. A l'Ouest, l'objectif est le redressement de l'Allemagne, et non plus son écrasement :

-1947 : l'Allemagne bénéficie du plan Marshall.

-1952 : l'Allemagne participe dès le début à la construction européenne, avec la Communauté charbon-acier (1952), puis le Marché commun (1957)

-1955 : l'Allemagne est réarmée, la RFA adhère à l'OTAN.

 

 

 

La RFA renonce à une politique internationale indépendante ...

 

Politiquement, l'Allemagne a tourné la page. Les hommes d'état les plus importants de l'histoire de la RFA  ont été des opposants au nazisme :

-Konrad Adenauer (1876 - 1967), chrétien - démocrate. Il avait 57 ans en 1933 lors de l'accession de Hitler au pouvoir.

-Willy Brandt (1913 - 1992), socialiste. 20 ans en 1933.

 

Mais en matière de politique internationale, l'Allemagne n'a guère le choix. Elle est le cœur, le centre, le pivot, de la bipolarisation du monde entre l'influence soviétique et l'influence américaine. Parce qu'elle a besoin de la protection américaine, la RFA fait de l'Alliance atlantique la base de sa politique. Ceci n'empêche pas le rapprochement avec la France (traité de 1963), mai en limite considérablement la portée. De Gaulle veut faire de l'alliance franco-allemande la base d'une construction européenne indépendante des deux blocs. Pour la RFA, il n'est pas question de remettre en cause l'alliance étroite avec les Etats-Unis.

 

 

... Sauf dans le domaine des relations avec l'Est. 

 

L'Europe de l'Est, c'est aussi l'autre Allemagne, la RDA. Dans ce domaine, la RFA récupère dès la fin des années 60 sa liberté de manœuvre. L'Ostpolitik de Willy Brandt (1969-1972) rapproche les deux Allemagnes, sans toutefois renoncer à la perspective de la réunification. Bien entendu, personne n'imagine qu'elle viendra aussi vite. Alfred Grosser, un des plus éminents spécialistes de l'Allemagne, écrit dans une préface de 1987 : "Deux états et deux systèmes qui sont destinés à durer très, très longtemps encore ...". (Préface à L'Allemagne, un enjeu pour l'Europe, de Renata Fritsch-Bournazel, p.13, éditions Complexe 1987).

-1972 : RFA et RDA se reconnaissent mutuellement.

-1973 : RFA et RDA entrent à l'ONU.

 

 

2°)Depuis la réunification (1990)

 

L'Allemagne est redevenu un état normal par le traité "2 + 4 " signé en septembre 1990 :

               2  = les 2 Allemagnes, RFA et RDA.

               4  = les 4 vainqueurs de 1945, Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France. 

C'est, en fait, le traité de paix qui n'avait pas pu être signé après 1945 pour cause de Guerre froide. Il prend un certain nombre de précautions : l'Allemagne réunifiée renonce à l'arme atomique et à toute revendication territoriale.  Mais elle retrouve une souveraineté entière sur ses affaires intérieures et extérieures.

 

Depuis 1990, beaucoup de tabous sont tombés, puisque l'Allemagne est redevenue un état "comme les autres" :

-Présence de soldats allemands à l'étranger (Kosovo, Afghanistan);

-Revendication d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

-Droit moral de revenir sur 1945 et sur le souffrances endurées par le peuple allemand (ex : bombardement de Dresde, souffrances des Allemands expulsés de l'Est, silence des femmes après les viols de masse en 1945).

 

 

Que faire de cette égalité retrouvée ?

 

Trois options s'offrent aujourd'hui à l'Allemagne. On les présentera séparément pour la clarté de l'exposé. Mais il est bien évident que, dans la réalité, l'Allemagne prendra, suivant les années, plutôt l'une ou l'autre voie; évident aussi que le résultat final empruntera aux trois options ... dans des proportions que personne ne peut aujourd'hui prédire.

 

Première option : l'Allemagne seule.

 

Si l'Allemagne s'en sort aujourd'hui plutôt bien dans la mondialisation, c'est grâce à ses vertus et ses talents. Elle n'a pas à payer pour les autres pays européens, qui sont responsables de leurs propres difficultés. Si l'euro disparaît, l'Allemagne saura s'en passer.

 

Il ya là évidemment une tentation pour une Allemagne prospère. Mais cette voie présente de graves dangers :

- Rien ne garantit que l'Allemagne reste prospère dans une Europe en crise. Les Allemands sont fiers de leurs succès à l'exportation vers la Chine. Mais c'est avec l'Europe qu'ils font leurs excédents commerciaux, et tout d'abord avec la France !

- A l'échelle mondiale, l'Allemagne seule n'a aucune chance de peser d'un poids significatif face aux géants d'aujourd'hui (Etats-Unis, Chine) et de demain (Inde, Brésil). On peut évidemment renoncer à être une puissance "à l'américaine", avec des porte-avions nucléaires sur toutes les mers du monde. Mais peut-on se permettre d'être absent des vrais débats de sécurité qui sont devant nous : pollution, énergie, réchauffement climatique, déséquilibres économiques, trafics en tous genres, migrations, chocs culturels .... ?

- Enfin si l'Allemagne choisit le "chacun pour soi", elle risque fort d'avoir des imitateurs en Europe. La liste s'allonge des provinces prospères qui ne veulent plus "payer pour les autres" et rêvent d'autonomie ou de sécession : Flandre, Italie du Nord, Catalogne, Ecosse, Tyrol ... Triste sortie de l'histoire pour l'Europe !

 

 

Deuxième option : l'Allemagne dominante

 

L'Allemagne ne peut ni ne veut se passer de l'Europe. Elle fera tout pour le maintien de l'euro. Mais ses choix économiques ont fait la preuve de leur efficacité. Ce sont eux qui doivent être adoptés par toute l'Europe, même si l'on peut, bien sûr, discuter sur les détails. L'Allemagne dans cette voie peut compter sur le soutien des pays du Nord qui font les mêmes choix qu'elle (Pays-Bas), ou qui sont déjà dans sa zone d'influence économique (pays émergents d'Europe de l'Est).  

 

Aux yeux des Allemands, cette option présente l'avantage d'être plus ambitieuse et gratifiante que la première, et d'offrir une vision mondiale. Elle n'en est pas moins périlleuse. Toute l'histoire de l'Europe est celle d'un continent sur lequel aucune puissance, quels que soient ses talents, n'a jamais pu établir de façon durable son hégémonie. L'Angleterre, l'Espagne, la France, l'Allemagne, y ont successivement échoué. Si l'Allemagne s'y essaie et échoue de nouveau, c'est le morcellement de l'Europe qui nous attend. 

 

 

Troisième option : l'Allemagne dans l'Europe

 

L'Allemagne est une part essentielle de l'Europe, à tous points de vue, mais elle n'est pas toute l'Europe. Elle doit passer avec ses partenaires les compromis nécessaires pour bâtir un projet européen, qui sera porteur, dans l'espace mondialisé, des valeurs qui sont pour les Européens les plus importantes.

 

Evidemment on se dit que c'est cette option là que l'on préfère, pour l'Allemagne et pour l'Europe. Autre chose est de la réaliser, car il est bien évident qu'elle ne peut se faire qu'autour d'un projet européen.   Où est-il aujourd'hui ? Où sont les hommes (et femmes) d'état capables de le porter ? On ne sait guère, mais rien n'interdit d'espérer ...    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Jeanine Bardy, pour son aide sur tout ce qui concerne la langue et la culture allemande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 2 : l'espace allemand morcelé

 

 

 

 

Pages 3 à 5 : Pourquoi ce morcellement ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 6 : L'échec du Saint Empire

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages 7 à 12 : Avant l'Etat, une Nation allemande
Compléments :

La diversité linguistique en Allemagne.

Carte sur la diversité linguistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 13 : Deux acteurs politiques majeurs

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages 14 à 16 : L'Autriche

 

 

Complément

Comment s'est construite la Prusse ?

 

 

 

 

Pages 17 et 18 : La Prusse

 

 

 

 

Pages 19 et 20 : La Guerre de Trente ans

 

 

 

 

 

 

Pages 21 et 22 : L'intervention française dans la Guerre de Trente Ans

 

 

 

 

Page 26 : Sous Louis XIV et Louis XV
Complément :

"Les dragons de Noailles", un chant militaire français évoquant le sac du Palatinat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 27 : France et Prusse sous Louis XV

 

 

Pages 23 à 25 : Les traités de Westphalie

 

Page 28 : Une surpuissance dangereuse ?

 

 

Page 29 et 30 : La Révolution et l'Empire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages 31 et 32 : Après la défaite de Napoléon

 

 

 

 

 

 

Pages 33 à 36 : Les révolutions de 1848 - 49

 

 

 

 

 

 

 

Page 38 : La Guerre

des Duchés (1864)

 

 

Page 37 : Le Zollverein

 

 

 

Page 39 : L'élimination de l'Autriche (1866)

 

 

 

 

 

 

 

Complément :

France - Allemagne : regards croisés sur les évènements de 1870-71

Pages 40 et 41 : La guerre contre la France

 

 

 

 

Page 42 :

Une surpuissance dangereuse

 

 

 

 

 

 

Page 43 : Bismarck

 

 

 

 

 

 

 

Pages 44 et 45 :

Le système bismarckien

 

 

 

 

 

 

 

Pages 46 et 47 :

Guillaume II

 

 

 

 

 

 

 

Page 48 : La Weltpolitik

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 49 : La fin du système bismarckien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 50 : Les dangers du nouveau système européen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 51 :

L'engrenage de l'été 1914

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 52 : L'Allemagne dans la Grande Guerre
Compléments :

Les projets hégémoniques allemands pendant la Grande Guerre.

Le plan Schlieffen pouvait-il réussir ?

 

 

 

 

 

 

Pages 53 et 54 : L'Allemagne du traité de Versailles

 

 

 

 

 

 

 

Page 55 : Après 1918, une Allemagne normalisée ?

 

 

 

 

 

 

 

Complément : Hitler avait-il une stratégie mondiale ? 
Page 56 : Le nazisme et le refus du réel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 57 : La fuite en avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 1 : Une place centrale, essentielle, problématique