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Vers la première partie

Vers la deuxième partie

 

Les Etats-Unis et le monde

depuis les "14 points" du Président Wilson (1918)

 

 

 

III-Les Etats-Unis face au monde multipolaire

 

(Après 1990)

Temps de lecture de la 3° partie : 24 mn

 

 

 

 

 

 

En 1989-90, le camp socialiste s'effondre. En 1991, l'URSS elle-même disparaît, et les Etats-Unis qui ont gagné la Guerre froide restent la seule superpuissance, que certains vont appeler "hyperpuissance". 

 

Va-t-on vers un monde unipolaire ? On va vite s'apercevoir que non.

 

 

1 - Les illusions du "nouvel ordre mondial"

 

Page 73 :

a) l'Amérique triomphante ?

En quelques années, tout ce qui représentait pour les Etats-Unis la "menace communiste" s'effondre, sur tous les continents. Après la disparition de l'URSS (1991) il reste quelques pays dirigés par un parti communiste. Mais ils ont renoncé à tout projet communiste (Chine, Vietnam ...), ou ne sont plus que des exceptions isolées (Corée du Nord, Cuba).

 

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Sans adversaire à sa taille, l'Amérique peut réduire ses dépenses militaires et toucher les "dividendes de la paix".

 

Page 75 :

L'Amérique se prend à rêver d'un "nouvel ordre mondial", dans lequel ses valeurs (démocratie libérale et capitalisme) seraient reconnues comme des valeurs universelles. Les Etats-Unis pourraient diriger cet ordre, mais de façon multilatérale, c'est à dire dans le cadre de l'ONU.  

 

 

b) La Guerre du Golfe (1990-91)

Pages 76 et 77 :

Cette guerre illustre bien la conception américaine du "nouvel ordre mondial". Les Etats-Unis n'acceptent pas l'occupation du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein (août 1990). Mais ils réagissent au nom de la communauté internationale.  A l'ONU, ils n'ont plus à craindre un veto de l'URSS. Le Conseil de sécurité vote une résolution condamnant l'Irak. Les Etats-Unis interviennent militairement en février 1991, chassent l'armée irakienne du Koweït, mais ils le font à la tête d'une coalition qui rassemble une trentaine de pays.

 

 

c) L'intervention en ex-Yougoslavie (1995)

Pages 78 et 79 :

Les Etats-Unis sont également intervenus militairement dans l'ex-Yougoslavie en 1995, pour mettre fin à la guerre civile qui déchirait le pays. Ils l'ont fait après avoir constaté l'impuissance  de l'Europe à régler le problème.

 

Page 80 :

Résumons-nous :

Les années 1990 voient le triomphe des Etats-Unis, avec la disparition du "camp socialiste" qui avait été leur rival pendant toute la Guerre froide. Les Etats-Unis peuvent rêver d'un "nouvel ordre mondial", reposant sur l'acceptation par tout le monde, ou presque, des valeurs de l'Amérique : la démocratie libérale et le règne du profit privé. D'une certaine façon c'est le vieux rêve du président Wilson qui revient : un monde remodelé sur le modèle de l'Amérique. Dans ce nouvel ordre mondial les Etats-Unis joueraient le rôle de gendarme, mais ils le feraient à travers l'ONU et au nom de la communauté internationale.

 

 

 

 

2 - 11 septembre 2001 : symbole d'un tournant

 

a) Le 11 septembre

Page 81 à 83

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis révèlent brutalement ce que le "nouvel ordre mondial" a d'illusoire. Des forces puissantes n'acceptent pas l'hégémonie américaine.  Al Qaeda et Ben Laden représentent l'islamisme radical, un courant qui fait de l'islam un programme de combat du monde musulman contre la domination occidentale, incarnée par les Etats-Unis.

 

b) La réaction américaine

Page 84 :

- Elle est obligatoirement forte : le 11 septembre est la plus grave attaque contre le territoire américain depuis Pearl Harbor. Les Etats-Unis du président George Bush (junior) partent en guerre contre "l'axe du mal", c'est à dire les états supposés soutenir le terrorisme.

 

Page 85 :

- La méthode change : les Etats-Unis abandonnent le multilatéralisme, et n'hésitent plus à agir seuls lorsqu'ils estiment être en état de légitime défense. 

Ils préfèrent évidemment avoir le soutien de leurs alliés et de l'ONU. C'est la cas pour la guerre en Afghanistan (dès octobre 2001, moins d'un mois après les attentats) contre les Talibans, des islamistes particulièrement radicaux.

Par contre pour envahir l'Irak de Saddam Hussein, les Etats-Unis n'obtiennent pas le feu vert de l'ONU (où ils rencontrent un forte opposition de la France), ni le soutien de la plupart de leurs alliés. Ils décident malgré tout d'attaquer (mars 2003), avec un seul soutien notable, le Royaume-Uni.  

 

Page 86 :

- La méthode change, mais l'objectif reste le même : étendre la démocratie, telle que la conçoivent les Etats-Unis,  au monde entier, ou du moins au plus grand nombre possible de pays. Changer le régime est l'objectif déclaré de la guerre en Afghanistan et en Irak. Mais les "démocraties" installées dans ces pays sous le parapluie américain restent purement formelles.

 

 

 

 

 

3 - Retour au réel : l'Amérique ne dirigera pas le monde

 

a) Dix ans après le 11 septembre, quel bilan ?

Page 87 :

Après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis ont lancé contre le terrorisme une offensive avec des moyens considérables. Dix ans plus tard, quel bilan ? Saddam Hussein et le régime des talibans ont été renversés, Ben Laden lui-même a été tué (mai 2011). Mais le rêve d'un monde réorganisé par les Etats-Unis s'est évanoui.  Pourquoi ?

 

b) "Soft power" et "hard power"

 

Page 88 :

-Définition

Nous avions souligné, à propos des Etats-Unis après 1945, que leur puissance était multiforme : puissance politique et militaire, mais aussi prestige politique et influence culturelle.

Dans les années 1990, Joseph Nye (professeur à Harvard) a théorisé cela avec les notions de "soft power" et "hard power". Le "hard power" est la capacité de dominer par les moyens de la contrainte : puissance militaire, pouvoir économique. Le "soft power" désigne au contraire la capacité de convaincre et de séduire : prestige politique et culturel, capacité à devenir un modèle pour d'autres pays.

Or, ces deux formes de pouvoir connaissent des difficultés.

 

- Les limites du "hard power"

Pages 89 et 90 :

Au début du XXI° siècle, les Etats-Unis disposent d'une supériorité militaire sans équivalent dans l'histoire. Jamais une puissance n'a eu une telle avance sur ses rivaux.

Mais cette formidable puissance parait de plus en plus inadaptée : elle est incapable de vaincre dans des conflits comme ceux d'Irak ou d'Afghanistan. Ce sont des guerres asymétriques : l'armée américaine affronte des adversaires très faibles, mais insaisissables, et qui peuvent rendre un conflit sans fin par la guérilla ou le terrorisme.

Surtout, le "hard power" est incapable de réorganiser un pays sur des bases démocratiques ... ce qui était l'objectif des interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

 

- Les ratés du "soft power"

Page 91 :

La puissance qui prétend réorganiser le monde se doit d'être exemplaire. C'est loin d'être le cas depuis le début du siècle :

- Les interventions militaires des Etats-Unis débouchent, en Afghanistan ou en Irak, non sur la démocratie, mais sur le chaos.

- Refus de Etats-Unis de ratifier le protocole de Kyoto.

- Refus de reconnaitre la Cour pénale internationale.

- Maintien du camp de détention de Guantanamo, en violation du droit international.

- Révélations sur l'usage de la torture. 

- Dérives du système financier américain, qui entrainent la crise de 2008.

- Aggravation des tensions raciales aux Etats-Unis, malgré l'élection d'Obama en 2008.

 

 

c) Un monde de plus en plus multipolaire 

Pages 92 à 94 :

Après l'effondrement de la puissance soviétique, de nouveaux pôles de puissance ont émergé :

- L'islamisme politique, qui ne se confond pas avec le monde musulman, mais s'appuie sur lui et sur ses difficultés.

- des puissances régionales se révèlent, à la longue, incontournables : l'Iran.

- La Chine, puissance économique et de plus en plus politique et militaire.

- D'autres puissances émergentes : Inde, Brésil ...

- Le Russie, dont on a cru un peu vite qu'elle disparaitrait de l'histoire. 

- On les a regroupés sou le nom de "BRIC", puis "BRICS".

Le monde est devenu beaucoup trop complexe pour être géré par un seul centre. Il ne sera pas unipolaire, mais multipolaire.

 

Bref, une évidence finit par s'imposer : le monde est trop complexe pour être réorganisé autour des principes et de la volonté de la seule puissance américaine, quelle que soit sa force militaire et la pureté de ses intentions démocratiques.

 

 

 

Conclusion : Rester au premier rang dans un monde complexe.

Toutes les limites à la puissance américaine que nous avons soulignées ne doivent pas faire conclure à sa prochaine disparition ! Les Etats-Unis restent une puissance unique, la seule à combiner richesse, force et prestige, la seule à être vraiment présente dans le monde entier.

Les Etats-Unis ont compris qu'ils ne pourraient pas, à eux seuls, réorganiser le monde et diriger le monde. Mais ils ont bien l'intention de rester au premier rang dans le monde multipolaire. 

 

 

 

 

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Pages 89 et 90

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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